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Ce livre nous impressionne dès l'abord non seulement pour son usage habile des moyens et des formes littéraires mais également pour la variété des influences qu'on y décèle, y compris provenant de grands hommes des lettres, de penseurs et de philosophes, bien au-delè de ce qu'il est usuel de trouer dans un roman standard. En fait Arnellos utilise la méthode d'allégorie, pour construire une analogie entre les échecs et la vie, dans la manière des meilleures traditions de la littérature déjà existante. L'histoire est centrée sur le rapport érotique entre Hannibal, une personnification de l'auteur lui-même, et Elisa. Ce rapport - et c'est ici que les échecs viennent au premier plan - est adroitement comparé à la célèbre "Partie Immortel", rencontre amicale entre Anderssen et Kieseritski à Londres en 1851. L'auteur procède ainsi pour relier le microcosme de ses héros au macrocosm social, duquel leurs comportements émanent indirectement. L'accent est tout particulièrement mis sur l'opposition entre l'esprit romantique d'Hannibal, centré sur l'excitation du moment, et le tempérament réaliste d'Eliza, privilégiant la résistance des choses. Cette antithèse fondamentale est traitée par un parallèle avec la lutte entre l'école romantique d'Anderssen et les tendances plus pragmatiques des échecs modernes. C'est un mérite du livre qu'il évite n'importe quel genre de simplification, montrant comment des approches d'opposition sont connectées et ravivées mutuellement par leur lutte d'une façon dialectique. Le livre rivalise également favorablement avec d'autres classiques de la littérature d'échecs, particulièrement le célèbre roman dédié aux Échecs de Stefan Zweig. Zweig avait employé les échecs afin de dépeindre le climat intellectuel de la période d'avant-guerre, de ce fait dépeignant la collision entre l'idéal humanitaire absolu de l'homme et la vague montante de la folie et de la brutalité fascistes. C'est avec compétence qu'Arnellos réalise la tâche au regard de l'âge actuel du néo--conservatisme, présentant son héros en tant que vampire, écrasé par le mensonge et l'irréalité de son monde. En ceci les échecs manifestent un sens approprié, si nous en jugeons par l'aphorisme typique de Lasker qu'il cite : "Sur l'échiquier les mensonges et l'hypocrisie ne survivent pas longtemps. La combinaison créative ne laisse aucune place aux mensonges ; et la réalité d'un échec et mat confond l'hypocrite" (p.132). Souhaitons que ce livre soit prochainement traduit en anglais, afin qu'il soit accessible à un public étranger. Une peinture de l'artiste et joueur d'échecs grec bien connus Nicolas Sphicas est inspirée par le roman d'Arnellos's : Une partie d'échecs, huile sur la toile, 2002. Le petit coq au milieu est un jouet d'enfants, faisant une allusion à l'enfant de la femme-figure, symbolisant Elisa. Les deux coiffures sont d'origine hellénistiques, provenant d'idoles existantes. Christos Kefalis ************ Si vous aimez la musique, vous pouvez choisir maintenant une agréable Musique d'ambiance:
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