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Lui-même joueur d'échecs capable, Glavinic maintient ses références directes aux échecs à un niveau minimal, afin de souligner la psychologie des héros. L'histoire de Schlechter devient un motif pour présenter les passions réveillées par le jeu, traçant le raccordement entre le destin humain des joueurs et leur personnalité échiquéenne. Le héros, à force de volonté et de privations, parvient graduellement à atteindre le plus haut niveau. Sa nature timide, cependant, l'empêche de tirer profit de son accomplissement et il continue de suspecter sa propre misère. Cette expérience fondamentale détermine l'approche de Schlechter en tant que joueur d'échecs : au lieu de tenter de gagner, son jeu vise essentiellement à éviter la défaite, juste comme dans sa vie où il ne vise pas la domination mais cherche simplement à se préserver. A ceci, Lasker, joueur reconnu et connaissant la réussite, applique le principe opposé de la volonté à parvenir à la victoire. Le résultat est un intéressant contraste animé entre les deux joueurs, qui sont non seulement aux antipodes, mais en même temps se complètent. Si Lasker, sans parler de son esprit combatif, a confiance dans sa force et sa perspicacité psychologique, Schlechter est un technicien supérieur, un avantage qui en fait un joueur presque invincible sur l'échiquier. Celui-ci possède ainsi ce qui manque au premier pour s'élever au sommum de la perfection. L'auteur place dans la bouche de Lasker cette observation pertinente : "Quel type curieux était ce Haffner : si nerveux à l'entrée du club d'échecs, il pouvait à peine rester sur ses pieds. Il n'avait pas prononcé un mot pendant la cérémonie d'ouverture. Une grande foule l'avait applaudi, et il avait jeté un regard comme s'il avait souhaité ramper sous terre... Incroyable qu'un tel caractère puisse jouer aux échecs pour le titre suprême. Également incroyable était la manière dont il s'est assis, ferme comme un roc, dès que la partie a commencé. Il a alors rayonné d'une assurance qui n'était pas dans son caractère. Haffner favorise un modèle du jeu qui diffère entièrement de celui de mes adversaires des quinze dernières années. Steinitz, Marshall, Tarrasch et Janowski étaient tous inclinés à prendre l'initiative, tandis que le souci prédominant du champion autrichien est la sécurité... Si, à un juste niveau, la stratégie de Haffner étaient alliée avec l'initiative, le modèle parfait aurait été atteint et Haffner serait devenu imbattable. Il n'est cependant pas donné à aucun homme mortel d'être infaillible. Les vertus d'un joueur d'échecs sont seulement des approximations d'un idéal". Le match prit d'abord un mauvais cours pour le champion du monde quand, après quatre nulles, il perdit après une erreur sérieuse le cinquième jeu. Quatre nulles suivront jusqu'à ce que Lasker puisse forcer l'abandon de son adversaire dans la dernière partie du match, sauvant ainsi sa couronne. Il réalisera ceci cependant seulement parce que Schlechter évitera volontairement la nulle dans cette partie, jouant pour la victoire de sorte que personne ne pourrait l'accuser de gagner le titre en évitant la bataille. Dépeignant de manière réaliste le microcosme des échecs, le livre offre une vision perspicace de l'atmosphère spirituelle régnant dans la Vienne d'avant-guerre. L'impasse de Haffner ressemble finalement au destin de la majorité des joueurs d'échecs, à un moment où le bien-être de quelques personnages va de concert avec l'incertitude et la misère (pour le plus grand nombre) de la vie quotidienne. Christos Kefalis (Traduction Chess-Theory) ************ Si vous aimez la musique, vous pouvez choisir maintenant une agréable Musique d'ambiance:
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