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PRATIQUE DES ÉCHECS
Mis à jour : Avril 2008
- JOHN E HAWKES' BLOG -
Pages d'Échecs de John E Hawkes
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"David Ionovich Bronstein"
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"La
beauté est l'aspect le plus important des Échecs”
DAVID
IONOVICH BRONSTEIN est né à Bila Tserkva, en Ukraine, le 19 Février
1924; marié trois fois (il eut un fils de sa première femme, Olga
Ignatieva), il mouru à Minsk (Biélorussie), apparemment d'une attaque
cérébrale, le 5 Décembre 2006.
Située
75 km au sud de Kiev sur la route d'Odessa, Bila Tserkva est une
municipalité d'environ 200,000 personnes, une ancienne cité de culture
raffinée, notable pour les joueurs d'échecs qu'elle a produits ou a
consolidés, qui s'appelle la "ville de la bonté." – [d'après
“Sarah’s Pages”]
La
famille Bronstein quita la ville-de-bonté pour Kiev mais étant juive
elle se trouva confrontée à la rudesse des autorités soviétiques : en
1937, le père de David fut arrêté en tant qu'"ennemi du peuple", pour
être libéré sept ans plus tard en raison de sa mauvaise santé. Alors
qu'il n'était qu'enfant, tout juste âgé de six ans, David apprit à
jouer aux échecs, grâce à son grand-père, et commença alors à se
rendre au club d'échecs local des jeunes pionniers du palais de Kiev,
où il reçu l'excellente formation du professeur et fort joueur
Alexandre Konstantinopolsky. Bronstein devint bientôt l'un des jeunes
joueurs soviétiques les plus talentueux dans la période juste avant
la deuxième guerre mondiale et à 15 ans il fut secondant de
Boleslavsky lors des championnats d'Ukraine de 1940 ; c'est alors
qu'il devint l'un des plus jeunes détenteur du titre de Maître
soviétique d'Échecs.
Au
cours de l'été 1941, le championnat de qualification d'URSS de
Rostov-sur-le-Don dû être interrompu lors de l'invasion allemande.
Le nouveau Maître de Sport, Bronstein, quita Kiev à pied abandonnant
toutes choses (y compris bon nombre de ses précieux comptes rendus
de parties). Enrôlé dans l'armée rouge, il évita d'être envoyé sur le
front en raison de sa faible vue et, pendant le conflit, travailla
d'abord dans un hôpital militaire dans le Caucase, puis à Stalingrad,
à la reconstruction d'une usine d'acier. Ces années de guerre ne
furent pas exemptes d'activités en rapport avec les échecs : il
utilisa ces moments pour étudier et développer ses prouesses
échiquéennes ; et quand le tournoi de Rostov fut rétabli, en 1944,
il se qualifia pour son premier championnat de l'URSS.
Lors
de sa première participation au championnat d'URSS, il obtint
une victoire contre le grand Botvinnik mais ne se classa que 15ème.
L'année suivante, en 1945, il parvint au troisième rang du
championnat d'URSS, gagnant trois parties avec le Gambit du Roi
1.e4 e5 2.f4 du Roi. On doit cependant noter, qu'avant le match nul
de l'URSS contre les USA, au cours de l''année suivante à Moscou,
Botvinnik rappela à l'équipe son devoir patriotique de gagner et -
regardant directement Bronstein - s'insurgea contre les ouvertures
risquées - le Gambit du Roi, par exemple !
Bronstein
était cette fois fermement introduit parmi l'élite des maîtres
soviétiques. Jouant pour Moscou, dans un match contre Prague, en
1946 il gagna deux parties extrêmement célèbres avec le noir -
contre Pachman et Zita - employant un concept dynamique
remarquable conçu avec Boleslavsky, établissant la tendance
d'un demi-siècle à venir de théorie et de pratique en matière
d'ouverture. La Défense Est-Indienne ne fut plus considérée
comme passive et de second ordre - c'était dorénavant le cheval de
bataille des grands - et ceci en vue de gagner - contre le Gambit
de la Dame !
Bronstein
termina deux fois champion d'URSS: en 1948 (ex-aequo avec Alexander
Kotov) et en 1949 (ex-aequo avec Vasily Smyslov).
À
Satsjöbaden en 1948, lors du premier Interzonal de la FIDE,
Bronstein se qualifia et obtint alors la première place dans le
tournoi des candidats suivant, à Budapest en 1950. Il y eut
un curieux avant-goût du grand match à venir contre Botvinnik quand
Boleslavsky, avec un point d'avance sur Bronstein et plus que deux
parties à jouer, échoua finalement dans la conquète du titre de
challenger. En particulier, dans le match de départage de Moscou,
beaucoup considérèrent que Boleslavsky avait "permis" à son ami de
gagner. Boleslavsky revint de Moscou pour le match contre Botvinnik,
comme secondant de Bronstein.
«Wikipedia - Image Boleslavsky (1947)»
Isaac
Boleslavsky, GMI Ukrainien né en 1919 et mort en 1977. En 1983
Bronstein épouse sa fille Tatiana Boleslavskaya, professeur
d'université de Minsk, ayant 22 ans de moins que lui. Elle fut la
troisième épuse de Bronstein ; elle l'a souvent accompagné à
l'étranger dans les années 90, et était présente à son lit de mort
en décembre 2006.
LE MATCH CONTRE BOTVINNIK - 1951
Début de la 23ème partie controversée dans salle de concert
Tchaikovsky de Moscou
Il
y a eu beaucoup de spéculation pour savoir si le match a été
"arrangé" (en français dans ke texte). Bronstein a écrit ceci dans
l'introduction de son "Apprenti Sorcier" :
"Il
m'a été demandé très, très souvent si j'étais obligé de perdre
la 23ème partie et s'il y avait eu une conspiration contre moi
pour m'empêcher de prendre le titre à Botvinnik. Beaucoup de
non-sens a été écrit à ce sujet. La seule chose que je suis disposé
à dire au sujet de toute cette polémique est que j'ai été soumis à
une forte pression psychologique de diverses origines et que
c'était entièrement à moi de réagir à cette pression ou pas."
Son
co-auteur Tom Furstenberg écrit : "naturellement David a
succombé à cette pression, quoique pas volontairement. Cependant
personne, David pas plus qu'un autre, ne sait ce qui est advenu
inconsciemment dans son esprit."
Revenons
à Bronstein qui a également eu le commentaire suivant :
"j'ai eu des raisons de ne pas souhaiter devenir champion du monde,
car en cette périodes un tel titre signifiait que vous entriez dans
un monde officiel de bureaucratie d'échecs avec beaucoup
d'engagements formels. Une telle position n'est pas compatible
avec mon caractère."
LE MATCH CONTRE BOTVINNIK - 1951
David Bronstein contre Michael Botvinnik
Et
alors il y a l'explication de sa situation privée d'alors :
"j'envisageais de divorcer [ de la joueuse soviétique
internationale, Olga Ignatieva ] et étais amoureux d'une autre
femme. Mais à supposer que je gagne le titre, alors je serais
devenu célèbre et quand vous êtiez célèbre (à cette époque) un
divorce devenait inadmissible. Et de plus j'aurais été en relation
avec la presse et chaque fois ils commenceraient en abordant le sujet
de mon père."
La
compilation de Malcolm Pein dans ses excellentes colonnes et notes
couvrant les parties cruciales de ce match notoire peuvent être vues
par l'intermédiaire du lien de TWIC :
«David Bronstein (1924-2006)»
Après
le championnat du monde Bronstein representa l'Union Soviétique aux
Olympiade successives de 1952, 1954, 1956 and 1958, l'équipe
soviétique gagnant chaque fois la médaille d'or.
Il
obtint également 8 fois la médalille d'or dans des championnats par
équipes de l'URSS et fut de plus six fois champion individuel de
Moscou. Ses tentatives vers le titre mondial continuèrent et il
participa au tournoi des candidats de Zurich en 1953, finissant
deuxième-execo. Il y eut encore bien des spéculations - Bronstein se
plaignant que les fonctionnaires avaient fait pression sur lui, ainsi
que certains autres grands maîtres soviétiques qui, dans les dernières
rondes annulèrent rapidement contre Smyslov et jouèrent durement
contre le joueur américain Sammy Reshevsky, l'homme que Moscou
ne souhaitais certainement pas voir comme challenger de leur protégé
Botvinnik. Le titre devait rester entre des mains soviétiques !
Par
la suite, après avoir seulement obtenu de partager la première
place avec le joueur de Grande-Bretagne Hugh Alexandre au
congrès d'Hastings, Bronstein se trouva critiqué dans la gazette
littéraire de Moscou. Un article l'accusait, ainsi que
d'autres joueurs soviétiques "de complaisance et d'infatuation",
et de ce fait d'avoir volé la nation du succès international de tournoi.
Le
point culminant de 1955 fut sa grande victoire, avec le score de
15/20, lors de l'Interzonal de Göteborg - avec un point et demi
d'avance sur Kérès - mais dans le Tournoi des candidats de 1956
il fut seulement troisième derrière Smyslov et Kérès. Dans
l'Interzonal suivant de Portoroz, en 1958, une défaite étonnante, à
la dernière ronde, contre l'étranger Cardoso, lui fit perdre la
qualification convoitée. À Amsterdam, au cours de l'Interzonal de
1964, il perdit contre le Danois Larsen, puis une insolente
nulle contre le Péruvien inconnu Quinones ruina sa dernière chance
réelle de convoiter la couronne de champion du monde.
Bronstein,
cependant, continua d'être un joueur d'élite pendant de nombreuses
années, parvenant second aux championnats soviétiques en 1957 et
1964-65, étant à nouveau Champion de Moscow en 1957, and gagnant
plusieurs grands tournois internationaux.
Le
film de James Bond "Bons baisés de Russie" montre une partie jouée
entre un certain Kronsteen(!) et certain McAdams. Elle est basée sur
la miniature brillante du Gambit du Roi gagnée par Boris Spassky
(Blancs) contre Bronstein au championnat d'URSS de Léningrad en 1960.
Une
décennie plus tard quand Viktor Korchnoi déserta, en 1976,
Bronstein fut l'un des rares grand maîtres soviétiques de haut rang
qui ait refusé de signer une lettre officielle le condamnant. Il fut
alors interdit de déplacement aux tournois dans l'ouest et ne put
participer à aucune compétition à l'étranger jusqu'à ce que
l'interdiction soit levée au cours de la perestroika, au milieu des
années 80. Il fut également privé des meilleurs tournois de l'élite
en Union Soviétique et également empêché de se rendre n'importe où
en dehors du pays plus qu'une fois par an. Sa rémunération fut
par ailleurs emputée d'une déduction de pénalité de 10%.
DAVID IONOVICH BRONSTEIN
The writer’s 1970 Soviet edition of “200 Open Games”
- signed during a coffee break in Bronstein’s game v Kavalek,
Teesside 1975. [Compared with other examples of his signature
this one seems to lack a Cyrillic letter. JEH]
Pour
un immense nombre de fans d'échecs David Bronstein était et
reste un héros inspiré, peut-être le seul vrai artiste des échecs et
tout simplement le joueur le plus créatif de tous les temps. Il a
joué des centaines de parties originales et attrayants, démontrant
un degré élevé d'imagination et de verve tactique et a présenté
beaucoup de nouvelles idées, en particulier dans de Gambit de la
Défense Est-Indienne. Il fut également l'un des partisans des
tournois plus rapides d'échecs (30 minutes ou moins), et également
a développé une variété d'échecs aléatoires et conçu des "accessoires"
tels une pendule d'échecs numérique, ceci bien avant Bobby Fischer.
Bronstein
fut également un auteur exceptionnel, ayant une colonne d'échecs
dans les "Izvestia" pendant de nombreuses années. Son livre sur le
tournoi de Zurich de 1953 (édité en 1956 et traduit en anglais
sous le titre de "The Chess Striggle in Practice, 1978") est considéré
par beaucoup tout simplement comme le livre de tournoi le plus
fin jamais écrit, en admettant même qu'une partie significative
de l'ouvrage ait été rédigé avec l'aide de maîtres de moindre
importance. Il s'est concentré sur les idées derrière les coups
des joueurs et est d'une perspicacité unique pour décrire la façon
dont les grand maîtres pensent vraiment.
DAVID IONOVICH AVEC LIUDMILA BELAVENTS
David Bronstein with Liudmila Belavents
in 2004 - ChessBase photo -
Il
y a un grand interview de ChessBase TV au sujet de Bronstein, par
Yasser Sierawan, que vous pouvez télécharger :
«Seirawan - On Bronstein»
Après
avoir regardé la vidéo, je suis certain que vous voudrez jouer et
savourer la partie en question, aussi la voici :
Reykjavik (Iceland) 1990, Round 10
Blancs: Bronstein, David (RUS)
Noirs : Browne, Walter (USA)
Ouverture : B99 Sicilian – Najdorf
1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fg5 e6 7.f4
DIAG 1
:
7...Fe7 8.Df3 Dc7 9.O-O-O Cbd7 10.g4 b5 11.Fxf6 Cxf6 12.g5 Cd7
DIAG 2
:
13.f5
(l'étonnant sacrifice de pion décrit réalistement par Sierawan dans
la vidéo ci-dessus).
13...Fxg5+ 14.Rb1 Ce5 15.Dh5 Dd8 16.Tg1 h6 17.fxe6 g6 18.exf7+ Rxf7
19.De2
DIAG 3
:
19...Rg7 20.h4 Fxh4 21.Cf5+ Rh7 22.Txd6 Df8 23.Dh2 Fxf5 24.Dxe5 De7
25.Dxe7+
DIAG 4
:
25...Fxe7 26.Tc6 Thc8 27.Tb6 Txc3 28.exf5 Te3 29.Fd3 Fc5
DIAG 5
:
30.Tbxg6 Tae8 31.a4 bxa4 32.f6 Txd3 33.Tg7+ Rh8 34.Th1 1-0
DIAG 6
:
Et
maintenant quelques citations de Bronstein :
"J'ai été rejeté sur le bord de la route de la vie ded échecs, mais
le livre" le tournoi international de Grandmasters (Zurich)" est
republié, avec des traductions dans d'autres langues. Et je pense
qu'il me survivra pendant longtemps... "
Sollicité d'expliquer pouquoi il se trouva, durant de longues
périodes, dans les années 70 et les années 80, sans participer
aux divers événements échiquéens il réponds : "parce qu'ils ne
m'ont pas invité. Et c'est une situation très douloureuse pour un
professionnel, croyez-moi."
“Vous avez l'impression que je suis modeste. Je ne suis pas. Je
sais que je suis bon, et même très bon. Savez-vous pourquoi
j'aime Léonard de Vinci ? Parce qu'il pensait que pour lui rien
n'était impossible. Je crois aussi que pour moi rien n'est impossible
dans le domaine des échecs ; ainsi vous pouvez voir que je ne suis
pas aussi modeste que vous le pensiez. ” [From an interview with
Antonio Gude in Revista Internacional de Ajedrez p 38-42, March
1993]
Quand on lui demandait quel était son joueur préféré du passé ?’:
“Tartakower - mais plus encore Labourdonnais.”!
“J'essaie toujours de varier mes ouvertures autant que possible,
d'inventer de nouveaux plans d'attaque et la défense, pour
entreprendre les démarches expérimentales qui sont dangereuses
et excitantes pour les deux joueurs et également pour l'assistance.”
“On n'analyse pas pendant une partie ; on analyse avant et après
la partie. Pendant la partie, on joue simplement !”
“Le miracle aux échecs , par comparaison avec d'autre miracles,
peut se produire parfois, dû à l'imagination d'un joueur et aux
inépuisables occasions qu'offrent les échecs.”
"Je me demande toujours pourquoi les gens n'ont du respect que
pour les champions du monde et pas pour tous les joueurs d'échecs.
N'est-il pas clair que nous jouons tous le même jeu d'échecs ?"
"Je suis plus que quelques nombres. Je ne suis pas not Zurich 1953
et 12-12."
"Personne ne regarde les Échecs comme je l'ai fait"
Et
la dernière citation pourait être :
b>
"La beauté est l'aspect le plus important Échecs... Nous transmettons
notre connaissance et notre conception de la beauté aux prochaines
générations, et la vie continue ainsi pour toujours."
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By: John E Hawkes
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January 2007
|
(Traduction Chess-Theory)
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