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Quand notre ami Michel Bruneau, webmestre de Chess-Theory, nous demanda de développer quelques pages d'histoire sur son site nous fûmes assez embarassé pour deux raisons. La première est que nous ne nous considérons pas comme étant particulièrement qualifié pour cette tâche ; et la seconde est l'étendue du sujet. Aussi, en considération de ces réserves, nous préférons nous limiter tout d'abord à une présentation de grands joueurs de la période classique, en rédigeant un bref article sur chacun d'eux. c'est un plaisir pour nous de commencer cette série par une page consacrée à l'incomparable Philidor!
Etant donné que notre objectif principal est de tenter de situer André-François Danican Philidor dans l'arrière-plan riche et contrasté de son temps, nous n'avons pas à développer plus longuement le présent sujet. Il est cependant essentiel de situer clairement le "Siècle des Lumières" dans le cadre chronologique général des évéments majeurs de l'histoire de France. Or, selon l'opinion de plusieurs commentateurs, il est possible de délimiter cette période par la mort de Louis XIV (1715) en amont (début) et le Coup d'Etat du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) en aval (fin). Au cours de cette période cruciale les principaux évéments et sous-périodes furent successivement La Régence (1715-1723), puis les règnes of Louis XV (1723-1774) et Louis XVI (1774-1792), et pour finir la Révolution française (1789-1799). A cette époque la France est le pays européen le plus peuplé ; l'activité économique est croissante et la paix sociale règne. Dans ce contexte la bourgeoisie ("middle class") affairiste française devient plus riche, plus sûr d'elle-même et aspire à s'emparer du pouvoir. Pour cette raison et bien d'autres l'autorité royale n'a cessée, durant tout ce temps, de décliner.
Le Père de Philidor, André Danican (1647-1730) fut, à en croire certaines sources: "the keeper of the music for Louis XIII, King of France" (Cf. Bill Wall). C'est franchement impossible car le Roi Louis XIII mourut en 1643 alors qu'André Danican naquit 4 an plus tard !... En fait nous sommes pratiquement certain qu'André Danican, le père de Philidor, était un musicien officiel à la cour de Louis XIV. André Danican Philidor (1647-1730) fut effectivement contemporain du Roi Louis XIV. Par ailleurs il fut un musicien renommé, participant (avec : Marche pour quatre tambours, Marches, Fêtes et Chasses ...), au même titre que Jean-Joseph Mouret (1682-1738), Michel-Richard De Lalande (1657-1726), Jean-Baptiste Lully (1632-1687) et Marc-Antoine Charpentier (1634-1704), à la grande aventure de la Musique Baroque française, que nous pouvons toujours découvrir et redécouvrir au travers de ses Symphonies et Fanfares! Nous devons également dire quelques mots de Pierre Danican (1681-1731), fils de Jacques Danican, dont certaines œuvres musicales nous sont connues ; et naturellement d'Anne Danican (1681-1728), fils d'André Danican, frère de François-André, ayant composé une Sonate pour hautbois et guitare, en 1725, participant ainsi à la création du fameux "Concert Spirituel". A ce sujet on peut ajouter que : Le Concert spirituel, en d'autres termes la série de concerts de Paris, "débuta effectivement en 1725 et devint célèbre dans toute l'Europe, durant jusqu'à la Révolution française..." (Cf. www.hoasn.org -VIIC -VIIC Concerts Spirituel)... Quoi qu'il en soit, parlant de la "Musique à la cour du Roi Soleil", il est largement justifié d'évoquer la dynastie Danican Philidor !
En 1731, à l'âge de six ans, François-André Philidor entre à la chorale de la Chapelle Royale de Versailles. Il était page dans cette chappelle et commença à apprendre la musique sous la direction d'André Campra. Ce fameux copmpositeur naquit à Aix-en-Provence et était le fils d'un chirurgien. A l'âge de 14 ans il joint le chœur de la Cathédrale Sain-Sauveur d'Aix-en-Provence où in apprend la musique sous la responsabilité de Guillaume Poitevin. Il entrepris alors des études ecclésiastiques durant quatre ans ; il y a encore beaucoup de précisions intéressantes à apporter concernant Campra et son agréable musique... Mais tel n'est pas notre sujet ! Philidor fut bientôt reconnu comme un jeune prodige sur le plan musical. Mais en même temps, à cinq ou six ans peut-être, il découvrit le jeu d'échecs, en jouant avec les musiciens, lors des moments de poses ou d'inactivité. Rapidement il devint le plus fort joueur d'Échecs parmi la communauté des 80 musiciens. Alors Philidor, occasionnellement au début, puis de plus fréquemment à partir de 1740, se rend à Paris afin de rencontrer les meilleurs joueurs Échecs français. A cette époque il gagne sa vie en donnant quelques leçons de musique et également en copiant divers documents musicaux. En 1745 Philidor commença à voyager en Europe. En December, 1745, il se rendit à Rotterdam pour un concert itinérant à travers la Hollande, en compagnie de Geminiani et Lanza ; Geminiani était un violoniste italien réputé, simultanément compositeur et théoricien. Mais les représentations de ce concert furent brusquement interrompues suite au décès d'une jeune interprète (Bill Wall donne ici quelques détails supplémentaires à ce sujet). Alors Philidor se retrouva aux Pays-Bas sans la moindre ressource. Aussi dut-il subvenir à ses besoins en enseignant les Échecs et en jouant pour de l'argent. En 1747 Philidor se rend en Angleterre, précisément à Londres... François-André fut conduit à voyager et à vivre en Hollande, en Prusse et surtout en Angleterre pour diverses raisons. Sans aucun doute certaines d'entre elles furent conjonturelles ou pécuniaires. Mais, selon nous, Philidor pris conscience singulièrement jeune de son appartenance naturelle à la société internationale cultivée et au niveau universel de ses deux talents imbriqués.
Toutefois Philidor était attaché à sa patrie, à cause de sa famille et des amis qui y vivaient, et également eut égard à son espoir d'obtenir une charge officielle comme musicien à la cour de Versailles. C'est pourquoi Philidor rentra en France en 1754, après une absence de 9 ans et, selon Bill Wall (nous n'avons trouvé que peu de références à ce sujet !) : "le 13 février 1760, alors qu'il était âgé de 33 ans, il se marria à Angelique Richer (1736-1809). Il eut avec elle 5 garçons et deux filles...". Toute cette période et les dix ans qui suivirent furent très favorables à la création musicale de Philidor. Il est vraiment intéressant de noter comment, à travers toutes les tribulations de sa vie, Philidor est toujours resté fidèle à lui-même et tout particulièrement aux deux arts qu'il pratiquait si brillamment : les Échecs et la musique !... Aussi était-il largement reconnu dans ces deux domaines et ne manquait-il pas d'admirateurs, de protecteurs et également d'amis, comme par exemple les philosophes français Voltaire, Rousseau et le fameux acteur anglais David Garrick (1717-1779). Nous desirons maintenant nous livrer à un difficile exercice en cherchant à atteindre le cœur même de la personalité de François-André Danican... à travers son temps mais aussi concernant sa propre pensée ... Et nous réalisons que c'est plutôt impossible. Cependant nous poursuivons inlassablement cette extravagante ambition ... pensant que la vérité est peut-être accessible à l'autre extrémité du tunnel... Mais, pour l'instant nous concluons ce survol rapide de la vie de Philidor en évoquant, en quelques mots (il est vrai que nous ne disposons que de peu d'informations sur cette ultime période), ses dernières années. En Décembre 1792, alors qu'il était âgé de 65 ans, Philidor quita définitivement la France pour l'Angleterre. Il fuyait ainsi la Révolution française (1789-1799), car son nom figurait sur la liste de banissement de la Convention nationale. Ce ne fut pas spécialement pous ses idées (en effet Philidor semble avoir été plutôt discret relativement à ses opinions, exception faite de la musique et des Échecs !), mais très certainement compte tenu de l'attachement traditionel de sa famille au service de la famille royale. Mais pour autant nous ne devons pas oublier que Philidor fut ami de Voltaire et de Rousseau et que tout laisse à penser qu'il n'était nullement insensible aux idées nouvelles de son temps. Philidor mourut le 31 Août à Londres et fut inhumé à St James, Picadilly. Quelques jours plus tard sa famille obtenait que son nom soit retiré de la liste. Quoi qu'il en soit, nous attirons finalement votre attention sur la coïncidence significative entre l'abolition de la monarchie française (1792), la mort de Philidor (1795) et l'émergence des nouveaux idéaux et concepts, largement symbolisés par les peintures de Jacques-Louis David.
Les années suivantes, à partir de 1745, furent principalement consacrées aux Échecs, sans pour autant que François-André néglige comlètement la musique. En Novembre 1754 il revient en France après une absence de neuf ans. Alors il se tourna à nouveau vers la composition musicale. Malheureusement il n'obtint pas le poste si convoité de compositeur à la cour, à Versailles. Il est possible que la musique d'église de Philidor n'ait pas été très appréciée en France, à l'époque, car on peut y percevoir une certaine influence italienne. C'est certainement pour cette raison que Philidor s'est l'opéra comique, genre dont il est l'un des fondateurs les plus importants. Le premier "Opéra Comique" créé par François-André Danican Philidor, en 1759, est Blaise le Savetier ; ce fut un grand succès. L'opera Emelinde est peut-être l'un des chefs-d'œuvre de Philidor. Entre 1759 et 1765 Philidor vécut une période particulièrement riche, durant laquelle il produisit onze Opéra Comiques, parmi lesquels Le Soldat magicien (1760), Le Jardin et son seigneur (1761), Le Maréchal ferrant (1761), Le Sorder (1762), Le Sorcier (1764) et Tom Jones (1765). En 1779 Philidor créa l'Oratorio Carmen saeculare, sur un texte d'Horace (précisément : Quintus Horatius Flaccus) au Freemason's Hall de Londres. In 1780 Carmen saeculare fut interprété à Paris dans le cadre du Concert Spirituel.
Nous devons également mentionner un certain Te deum joué en 1764 à l'occasion des funérailles de Jean-Philippe. On trouve dans "Wikipedia" une information attribuant cette œuvre à Philido. Est-ce vrai ? Nous ne savons pas réellement mais, au cours de nos recherches nous avons trouvé une réponse, sur un forum spécialisé, précisant ceci: "Le Requiem n'est pas une œuvre de Rameau. Cette "Messe des Morts" a été composée par Jean Gilles, un compositeur français, à la fin du XVIIe siècle. Elle a été jouée au cours des funérailles de Rameau. C'est une messe fantastique incorporant une musique baroque et des sonorités grégoriennes." De toute manière, Philidor peut être considéré comme étant l'un des fondateurs de l'"Opéra Comique" français, ayant créé pas moins de 20 (ou 21 !?) œuvres de ce type ; et de 1750 à 1770 il fut certainement le plus important compositeur d'opéras en France. Cependant, il est vrai qu'à partir de 1780 son succès alla en déclinant graduellement. Malgré tout Philidor continuait à enseigner la musique et à composer pour le Concert Spirituel. Mais ses dernières tragédies, y compris Persé (1780) et Thémistocle, n'obtinrent pas un grand succès. Ainsi si François-André Danican Philidor a obtenu une place respectable dans l'histoire de la Musique ce n'est évidemment pas au plus haut niveau mondial comme c'est le cas pour les Échecs !
En 1741 Philidor reçut de la part de Kermur de Legal une formation de base. Ce fut certainement une grande chance pour lui. Evidemment Legal gagnait sans trop de problèmes contre Philidor et, dans les premiers temps, il accordait à son jeune élève l'avantage d'une Tour. Kemour de Legal apprit donc les Échecs à Philidor approximativement de 1741 à 1744. Nous ajoutons ici ce bref commentaire, en italien, concernant le prestigieux "précepteur" de Philidor : "Legal de Kermur (1702-1792), maestro di Philidor. Fu descritto come un gentiluomo magro, pallido, di vecchio stampo, che al Cafe' de La Regence occupava sempre la medesima sedia e per anni ha indossato il medesimo cappotto verde... durante la partita era solito sottolinearne l' evolversi con commenti da tutti apprezzati per la loro arguzia" (Cf. L'Italia Scacchistica. "Il matto Legal"). Alors, Philidor "devint si obsédé par les Échecs qu'il perdit progressivement, suite à sa négligence, la plupart de ses élèves en musique. Après trois ans Philidor finit par predre le dessus sur Legal. C'est à cette époque que Philidor donna sa fameuse simaltanée (2 parties) à l'aveugle. Le résultat ne fut pas excellent, =1 -1, mais la démonstration fut considerée comme une extraordinaire manifestation de pouvoir mental et fut vantée à travers le monde, faisant de Philidor une sorte de célébrité." (Cf. angelfire.com games SB Chess philidor). Philidor expliquait qu'il avait appris comment jouer à l'aveugle la nuit, quand il ne pouvait pas trouver le sommeil.
Cette performance de Philidor fut décrite dans l'article consacré aux Échecs dans l'Encyclopédie de Denis Diderot and Jean-Le-Rond d'Alembert. Ayant pris l'avantage sur son tuteur, Kermur Sire de Legal, François-André Danican fut assuré d'être le plus fort joueur français et par conséquent il commença à penser sérieusement à une carrière internationale. Le meilleurs moyen pour cela était sans aucun doute de se rendre en Angleterre, précisément à Londres !... C'est, après quelques péripéties, ce qu'il finit par penser et il agit en conséquence. En 1745 prend place le concert itinérant avorté, aux Pays-Bas, dont nous avons suffisamment parlé. Ainsi, François-André se trouva-t-il en pays étranger, démuni de moyens pécuniers. En vue de remédier à sa pauvreté, il commença par visiter de nombreux cafés à Roterdam, espérant jouer aux Échecs. Mais, les gens jouaient au "jeu polonais" ou "dames à la polonaise" (en anglais : "Polish Draughts") ; on trouve toutes informations utiles sur ce jeu dans la liste de liens qui suit. Finalement Philidor s'établit à la Hague où il put jouer aux Échecs avec de nombreux adversaires ; en particulier des officiers britanniques, qui lui suggérèrent de tenter sa chance à Londres, lui expliquant qu'il y trouverait un bon accueil, et de bonnes conditions pour exercer son talent. Alors, en 1747 François-André Danican traversa la Manche et s'installa à Londres. Il semble qu'il n'était pas encore vraiment connu en Angleterre, sauf peut-être de quelques initiés et qu'il avait donc à faire ses preuves... Quoi qu'il en soit il n'est pas exaggéré de dire que Philidor ne fut pas long à faire la conquête du monde des Échecs londonien. Ce fut tout d'abord par son caractère avenant, certes, mais aussi parce qu'il révéla vite qu'il était rien de moins qu'un génial joueur d'Échecs.
En vue de prouver qu'il était réellement le plus fort joueur du monde, Philidor devait absolument rencontrer Philippe (ou Phillip) Stamma (1705-1760). Stamma était un joueur d'Échecs très célèbre, alors considéré comme étant le plus fort joueur d'Angleterre et, peut-être du monde. C'était un joueur d'Échecs syrien, originaire d'Allepso, interprète en langues orientales. (Cf. chess-poster.com). Philippe Stamma publia en 1737 un "Essai sur le jeu des echecs" à Paris. Il s'agit d'un livre contenant une centaine de finales, avec diagrammes, et ce fut également le premier livre d'Échecs utilisant les notations algébriques (Cf. chess Baron.com). En 1745 Stamma publia son "Noble Game of Chess". Ce dernier ouvrage contenait 100 fins de parties et 74 lignes d'ouverture. (Cf. chess Baron.com). Effectivement un match en dix parties, Francois-Andre Philidor vs Phillip Stamma, was fut organisé en 1747 à Londres. Philidor était tellement assuré de son succès comme l'on s'en rend compte par les singulières règles prévalant dans cette rencontre ! En effet Philidor proposa d'avoir les Noirs dans toutes les parties et, en plus de cela, il accordait à son adversaire l'avantage des nulles : toute partie nulle était gagnée par ce dernier. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Stamma accepta ces conditions. Quoi qu'il en soit le résultat fut appel, en faveur de Philidor : +8 -1 =1 (soit +8 -2 dans les conditions du match). Nous ne croyons pas que Stamma fit la demande d'un match revanche ! Cette rencontre historique eu lieu dans le fameux "Slaughter's coffe-chess". C'est en ce même lieu et la même année qu'eut lieu la rencontre entre Philidor et Sir Abraham Janssen (1720-1795), que beaucoup considèrent comme ayant été le plus fort opposant que Philidor ait rencontré. Dans le match en cinq parties : Philidor vs Abraham Janssen le résultat fut : +4 -1 =0, en faveur du joueur français. "A partir de ce moment Philidor fut reconnu comme l'officieux champion du monde" (Cf. Bill Wall).
A partir de ces victoires, François-André Philidor n'avait plus grand chose à démontrer sur l'échiquier. Mais il avait par ailleurs une autre ambition. L'une des raisons de son écrasante supériorité sur tout autre joueur était une nouvelle vision conceptuelle du jeu d'Échecs. Aussi souhaitais-t-il mettre ses idées sur le papier. Retournant en Hollande en 1748, alors âgé de 22 ans, François-André Danican Philidor se consacra pleinement à l'écriture de son célèbre livre, bien sûr rédigé en français : "L'Analyze des Eschecs" (en anglais : "Analysis of Chess"). Selon Terry Crandall (Star Fire Project.com - The Game is Afoot): "Some of the early subscriptions were: Lord Sandwich (10 copies), Duke de Cumberland (50 copies), English army officers (119 copies). This made Philidor and the publishers quite wealthy". La publication du livre de Philidor fut un événement considérable compte tenu de la nouveauté des principales idées développées par son auteur. Chacun connaît la fameuse sentence : "les pions sont l'âme des Echecs" ("pawns are the soul of chess". Plus précisément Philidor dit : "Mon but principal est de me rendre recommandable par une nouveauté dont personne ne s'est avisé, ou peut-être n'a été capable ; c'est celle de bien jouer les pions. Ils sont l'âme des Echecs ; ce sont eux uniquement qui forment l'attaque et la défense et de leur bon ou mauvais arrangement dépend entièrement le gain ou la perte de la partie." ("My main purpose is to make myself recommandable by a novelty whose anybody don't was interested about or don't was able to find; this is to well play pawns; they are the soul of chess; only them constitue attack and defence and win or loss a game depends just from their good or bad arrangement"). Maintenant intéressons-nous à l'opinion du GMI Boris Alterman : "Voici 500 ans, les Échecs étaient différents de ce qu'ils sont aujourd'hui. Les pions n'étaient pas appréciés de la même façon qu'ils le sont aujourd'hui. Les meilleurs joueurs débutaient les parties par des gambits. Les pions n'avaient qu'une valeur r‚duite et servaient à : Ouvrir les colonne et les diagonales ; Créer une attaque immédiate sur le Roi du camp adverse. C'était l'École italienne. Ainsi toutes les variantes du gambit du Roi étaient très populaires ... Le meilleurs joueur de cette époque fut François-André Danican-Philidor... Son ouvrage sur la stratégie des Échecs s'imposa pendant une bonne centaine d'années sans ajouts ou modifications notables. Il enseignait la valeur d'un fort pion central, la nécessité de bien apprécier la valeur relative des pièces et de reconnaître les bonnes formations de pions...". Et Alterman note, au cours de l'analyse de la partie Count Bruehl - Philidor, F, 0-1, london 1783, que Philidor comprenait tout à fait bien des concepts modernes tels que : Force du pion passé ; bonne et mauvaise pièce ; avantage spatial ; colonne ouverte ; structure des pions ; importance du centre.
En 1749, 433 exemplaires de "L'Analyze des Eschecs" furent publié à Londres. Ce traité fut tranduit en anglais (1750), en russe (1824) et ultérieurement dans de nombreuses autres langues. En 1750 François-André était un jeune homme de 24 ans ; et pourtant il était considéré comme le plus fort joueur d'Échecs européen. L'ambassadeur de france en Angleterre, le Duc de Mirepoix (certainement : Charles Pierre Gaston François de Lévis, Duc de Mirepoix (1699-1757), diplomatate français), invitait régulièrement Philidor pour ses dîners échiquéens hebdomadaires. (Cf. Bill Wall). Au cours de l'année 1951 Philidor quitte l'Angleterre pour se rendre en Prusse en vue de jouer aux Échecs contre le Roi de Prusse Friedrich II (Frédéric II). Vous savez que "Frédéric II le Grand, troisième Roi de Prusse de 1740 à 1786, compte parmi les deux ou trois figures dominantes que compte l'histoire de l'Allemagne moderne" (Cf. The Realm of Shade - project). Alors que François-André se trouvait was à Berlin, toujours au cours de l'année 1751, il accomplit un exploit jouant trois partie à l'aveugle simultanément et les gagnant toutes les trois. C'est alors qu'il revint à Londres. Ce n'est qu'en 1754 que Philidor fut de retour en France, se consacrant, pour plusieurs années, à la composition musicale. Alors il ne revint pas en Angleterre jusque 1772. En 1755 fut organisé, au "Café de la Regence", un match : François-André Philidor vs Kermur de Legal. Alors Philidor fut le vainqueur incontestable de ce nouveau challenge. Entre 1771 et 1773 Philidor fit de brefs séjours à Londres pour jouer au "Salopian coffee-house, Charing Cross", ainsi qu'au "St James Chess Club". En 1774 le "Parloe's chess club", à St James street (Londres), fut créé et Philidor obtint une remunaration en tant que Maître d'Échecs, chaque année, pour une période régulière allant de février à juin. Philidor pu compter sur ce poste jusqu'à la fin de sa vie. C'est justement en ce lieu que Philidor fit la connaissance de George Atwood, célèbre mathématicien et physicien, lecteur à l'Université de Cambridge.
Nous extrayons d'un très intéressant article de J J O'Connor et E F Robertson, consacré à George Atwood, le passage suivant qu'il ne nous semble pas nécessaire de traduire malgré son évident intérêt : "Atwood was a renowned amateur chess-player and among other opponents played games against the famous French player Philidor, who was regarded as the unofficial world champion. H E Bird records [3]:- Of the players who encountered Philidor, Sir Abraham Janssens, who died in 1775, seems to have been the best, Mr. George Atwood, a mathematician, one of Pitt's secretaries came next, he was of a class which we should call third or two grades of odds below Philidor, a high standard of excellence to which but few amateurs attain. One of most interesting features of Atwood as a chess player is that he recorded and preserved some of his games, an unusual practice at that time. These records have survived, among them the last games that Philidor played which were against Atwood at Parsloe's Club in London on 20 June 1795." Philidor jouait souvent des parties simultanées à l'aveugle. Bill Wall signale que : "en 9 performances à l'aveugle, Philidor gagna 10 parties, en annula 4 et en perdit 6". Concernant cette période, on trouve sur le site "ChessPoster.com" l'affirmation que voici : "1783 Club; Paris starts Chess club under patronage of Louis XVIII" et la même erreur est reproduite sur plusieurs autres sites. Quoi qu'il en soit, c'est un anachronisme car Louis XVIII, comte de Provence (1755-1824), frère du Roi Louis XVI, fut bien le premier Roi de France post-révolutionnaire, mais ne régna que de 1814 à 1824. En 1792 François-André Danican Philidor se trouva être inscrit, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, sur la liste des personna non gratis de la Révolution française. Ainsi, en 1792, à l'âge de 65 ans, il fut obligé de quitter la France et de rester définitivement en Angleterre, sans sa femme ni ses enfants. Dans le même temps, pour raisons politiques, ses œuvres musicales furent bannies de France. Alors Philidor n'eut plus à sa disposition pour vivre et faire vivre sa famille que l'enseignement des Échecs, ses prestations de parties d'Échecs simultanées à l'aveugle ... et plus généralement tout ce que les Échecs pouvaient encore lui assurer comme revenus. Philidor mourut le 31 août 1795 à Londres et fut inhumé à l'église St James Picadilly. Quelques jours plus tard sa famille obtenait que son nom soit retiré de la liste de la Convention nationale. Comme le relate Terry Crandall, pour "The Game is Affot": "Il fut écrit dans la rubrique néchrologique: "Ce Lundi, Monsieur Philidor, le célèbre joueur d'Échecs, a joué sont premier coup, dans l'autre monde"".
Nonobstant son génie, Philidor fut d'abord un homme de son temps !
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