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De plus vous ne serez pas surpris si nous exprimons ici tout notre enthousiasme pour le très grand talent de Larry Elmore, à qui nous devons l'illustration de cette page. Nous le remercions beaucoup pour cela!!... N'oubliez pas de visiter les quatre sites suggérés ici ; le sien et trois autres qui lui sont partiellement consacrés.
La magie des Échecs tient à ce que, aussi intense soit notre concentration, profonde notre analyse, clarvoyante notre vision du jeu, nous ne parvenons à en épuiser l'infinie richesse. Pourtant, le Noble jeu, s'il reste inatteignable au pinacle de sa perfection, s'adapte, bon enfant, au niveau de chacun et se prête volontiers à une exploitation en mode mineur. Oui, nous accédons à une joie intense à déceler un joli coup et, un instant, ébloui par notre propre intelligence, qui semble irradier l'échiquier, c'est tout juste si notre main ne tremble pas alors que nous saisissons la pièce que nous avons décidé de jouer et la posons à l'endroit idoine. Puis, le miroir pivote et notre adversaire, livrant à son tour une mémorable bataille de l'esprit, accouche d'une réplique saisissante ... Et ce jeu de va-et-vient se poursuit inlassablement, tel un ballet bien réglé, telle la lancinante oscillation d'un immatériel balancier. Ainsi s'établit, au gré de l'alternance des coups, un cheminement à mis parcours entre médiocrité et étincelantes lueurs, où, l'inadéquation des réponses n'a d'égal que l'impertinence des questions. Pareilles considérations ne sont ni poésie gratuite ni délire verbal, mais témoignent de quelques observations véloces, au détour de l'échiquier.
*** UNE STRATIFICATION QUASI A L'INFINI ***
*** UNE ARMÉE DE RONGEURS
*** ÉTUDES SPÉCULATIVES ET De fait, il est aisé d'établir que les champs les plus étendus de notre présente connaissance, même lorsque nous les baptisons du nom pompeux de théorie, relèvent principalement de la pure spéculation, alors que les seules certitudes dont nous disposons ne correspondent qu'au très étroit domaine dont l'analyse a réellement été exhaustive.
*** UNE THÉORIE DES OUVERTURES D'une part, y compris dans les tous premiers coups, des nouveautés apparaissent ici ou là, qui remettent en cause les convictions acquises, sur des pans entiers de notre pseudo-savoir. D'autre part, les appréciations divergent grandement d'un théoricien à l'autre. Il n'est que de voir, dans l'Informateur par exemple, les jugements contradictoires que les grands maîtres portent sur tel ou tel coup, telle ou telle ligne de jeu, pourtant dûment répertoriés dans la théorie. On pourrait pousser l'argumentation plus loin en admettant qu'un jour il soit indubitablement établi que : 1.Cf3 est le plus fort début pour les Blancs. Cela bouleverserait la donne de toute la théorie des ouvertures ; or, rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que cela ne se produira jamais.
*** UNE SORTIE DE LA THÉORIE Or, malgré le nombre élevé et la qualité des joueurs s'attachant à traiter ces questions, l'utilisation de logiciels toujours plus performants, les longues périodes de réflexion mises à profit, les innombrables discussions et échanges d'idées, un flou artistique demeure, illustrant, s'il en était besoin, à quel point nous sommes loin ici d'appréhender le sujet dans son intégralité.
*** UN INEXTRICABLE Et commence alors un interminable parcours solitaire où, quoi qu'il advienne, quoi que l'on fasse, la certitude accablante s'impose de galvauder progressivement d'inestimables perspectives ; chaque coup aventureux nous éloignant toujours davantage de ce parcours idéal, auquel nous avions eu la faiblesse de rêver, mais dont cependant les arcanes nous resteront à jamais cachés.
*** UNE FINALE ARDUE ***
*** UNE THÉORIE SOPHISTIQUÉE Qui plus est, cette théorie se résume à un ensemble de postulats, fondés sur la pratique des grands maîtres, nullement unifié par une conceptualisation globale.
*** UNE CERTITUDE RÉDUITE ***
*** JEU D'ÉCHECS ET CROISSANCE EXPONENTIELLE ***
Voyons ce qu'il en est concernant les échecs. Il revient ainsi à l'esprit cette belle légende où le sage Sissa demanda, en guise de récompense, au shah de Perse, ou d'ailleurs, que soit disposé un grain de blé sur la première case du "shatrang" (première mouture des échecs), deux sur la deuxième, quatre sur la troisième etc ... telle est la croissance exponentielle de base 2. Cherchons à nous faire une idée très approximative du nombre de parties techniquement jouables, sans nulle préoccupation de la qualité du jeu et même sans refuser les coups stupides, pourvu qu'ils soient conformes aux règles. Admettons que, dans chaque position donnée, on puisse en moyenne jouer 16 coups ; on se trouve ainsi, bien souvent, très en deça de la réalité. Estimons alors la durée moyenne des parties jouées à 50 coups. Nos évaluations sont faibles, car elles ne tiennent que modérément compte des parties longues, excédant 150 à 200 coups, parfaitement envisageables entre joueurs de même niveau élevé, se livrant un combat impitoyable, tout en ménageant raisonnablement leurs forces.
Ceci fournit le nombre N = 16 à la puissance 50. Mais, étant donné que 16 = 2 à la puissance 4, notre estimation, forcément inférieure à la réalité, nous conduit à retenir le nombre tout de même fabuleux : N = 2 à la puissance 200. On peut se faire une idée imagée de ce nombre de la façon suivante : prenez une feuille de papier à cigarette. Pliez-là, sur elle-même, une fois, deux fois, trois fois... rien de plus simple. L'épaisseur obtenue reste très faible. Mais, imaginez maintenant que vous pliez cette feuille, sur elle-même, 50 fois ; quelle épaisseur obtiendriez-vous ? Un calcul simple montre que l'épaisseur, dans ce cas, serait supérieure, largement, à 300 000 km, c'est à dire à la distance de la terre à la lune ! ... Cela vous laisse à penser ce que donnerait un pliage 200 fois de votre feuille de papier à cigarette. A titre comparatif, l'humanité représente aujourd'hui moins de 2 à la puissance 33 individus. A population constante, on peut donc estimer à 2 à la puissance 38 le nombre d'humains sur un millénaire.
*** MÊME SI TOUS LES HUMAINS ET
*** FINITUDE, COMPLEXITÉ L'hyper complexité est celle des sphères de la connaissance dont la finitude est irréductible, alors même qu'elle met en jeu de très grands nombres. Ainsi, les échecs procèdent d'une finitude et d'une complexité indomptables, dont la fascinante présence engendre la beauté.
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