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Nous avons le plaisir d'illustrer cette page grâce aux œuvres expressives et envoûtantes de l'artiste belge Michel Jamsin :
«Michel JAMSIN - La Sensualité picturale»
dont vous aurez plaisir à visiter la galerie. Ses tableaux sont
présentés sous le thème : "La sensualité picturale"... Nous vous
invitons à lire les très belles phrases par lesquelles Michel
Jamsin exprime ce qu'il veut dire ainsi... En tout cas Chess-Theory
tient à remercier Michel Jamsin et à lui souhaiter tout le succès
qu'il mérite !
*** ÉCHECS ET SOCIÉTÉ ***
«Bienvenue sur images échiquéennes - Michel Beaudry»
«Bill Wall's Chess World-Most Comprehensive Chess Resour.»
«Chess Curiosities - Tim Krabbé's Chess Curiosities»
«MJAE - Mieux Jouer aux Echecs - The Reyes' web site»
«Goddesschess.com - Chess: The Game of the Goddess»
«Art et Curiosités échiquéennes - Chess Studies - jmrw.com»
«Chesscafe.com - Book Review - (End)game Study - Archives»
«ChessBase.com-ChessBase News-English, German, Spanish»
«www.JeremySilman.com - The Jeremy Silman's web site»
«Chess Siberia - Boris Schipkov's web site - English»
«Chessville.com - Links, Instruction, Downloads, Reviews...»
«Welcome to the University of Pittsburgh Chess Club»
«EE- Europe Echecs - L'Actualité du monde des échecs»
Historiquement et dès l'origine les Échecs ont été peu ou prou une représentation et une symbolisation de la structure sociale de l'époque. Et, dans le même temps le développement de la pratique du jeu épousait d'assez près la hiérarchie sociale. A cet égard, l'époque médievale offre un exemple particulièrement illustratif. Effectivement, au cours du Moyen Âge, alors que les Échecs, en provenance du monde arabe, se sont développés à travers toute l'Europe, ils furent adaptés, non du point de vue de règles, mais essentiellement de l'image et de la représentation symbolique. On sait ainsi que le Roi représentait bien le roi ou l'empereur, mais également la grande noblesse de cour. La Tour symbolisait le château-fort, le Fou ("Bishop" en anglais) le haut Clergé, le Cavalier le chevalier, et le pion le paysan... Naturellement la Dame n'était autre que la reine au pouvoir souvent plus important que ne pouvait le laisser paraître son statut (Voir :
«Chess History - Comprehensive Timeline»).
Dans cette représentation le symbolisme était poussé très loin, allant jusqu'à justifier les règles en vigueur (puissance et importance relative des pièces) aussi bien que la conception du jeu (tel la notion de sacrifice). Mais, un autre aspect intéressant concernant l'impact social du jeu d'échecs se révèle aussi par les nombreux interdits religieux dont il fut l'objet, principalement chez les Arabes, puis au Moyen Âge, par exemple sous le règne de Louis IX.
*** STATUT SOCIAL DES ÉCHECS ***
À suivre de près l'histoire, cette tradition royale, quant à la pratique du Noble Jeu, s'est perpétuée de Alphonse X de Castille (1221-1284) à Frédéric II de Prusse (1712-1781) et même Napoléon I (Bonaparte) (1769-1781). "Jeu des Rois, Roi des jeux". Cependant, au cours de ce demi-millénaire une évolution considérable s'est produite. C'est tout de même avec les Écoles espagnole et italienne qu'apparaît la première sérieuse brèche dans la primauté royale face aux Échecs. Elle tient au fait que surgissent les tous premiers joueurs bénéficiant du statut officieux de plus forts joueurs de leur temps. Le fait est que ce n'étaient pas des rois et qu'ils n'étaient même pas, le plus souvent, de sang noble. Mais cependant, pour exercer leur art et gagner leur vie, il fallait bien qu'ils se rendent chez les rois et les puissants de ce monde. Greco est, sans nul doute, le meilleur representant de cette période. Une évolution décisive fut, progressivement, l'habitude prise de jouer dans des auberges et des tavernes ; ceci dès le Moyen Âge. On y jouait de grosses sommes d'argent, ce qui n'était pas sans créer de sérieux incidents et fut le prétexte à des interdits religieux. La situation changea considérablement avec l'apparition de "cafés" principalement réservés aux Échecs, dont le plus célèbre est certainement le
«"Café de la Régence" à Paris (1670-1916)». Mais une
telle pratique s'est vite développée dans toute les grandes
capitales européennes et tout particulièrement à Londres (depuis
1652). La période de gloire des "Cafés" et "Cercles" réservés aux
Échecs s'étend grosso modo du milieu du XVIIIème
siècle jusque vers la fin du XIXème.
*** ÉVOLUTION DES CONCEPTS ÉCHIQUÉENS ***
«Another view on Chess - History - Jean-Louis Cazaux» )
aussi bien que la stabilisation de ces règles et la codification
de l'art de bien jouer. Se produit alors historiquement le petit
miracle suivant qui mérite largement qu'on y réfléchisse :
i) Les Échecs s'imposent comme jeu dominant, par rapport à toutes les variantes possibles, dans tout l'Occident, pourtant divisé du point de vue des langues, des nationalités et des traditions. ii) Les Échecs répondent à des conditions techniques et esthétiques optimales qui en font un jeu "parfait" (exclusion du hasard, jeu à information parfaite, de somme nulle, mais aussi de nombreuses autres données qui expriment l'idée d'une "optimisation"). iii) La perfection du jeu d'échecs s'inscrit en particulier dans le Temps : le déroulement d'une partie est assez rapide pour captiver l'intérêt des joueurs et assez lent pour constituer en soi une tranche de vie significative. iv) La perfection du jeu d'échecs s'inscrit enfin dans son insondable richesse, qui induit tout à la fois une difficulté illimitée, une esthétique inépuisable et un mystère inaccessible. À partir des Écoles espagnole et italienne nous entrons dans une période de maturité où les Échecs affirment pleinement leur autonomie et leur singulalité. Mais, bien qu'il ait eu de brillants prédécesseur comme Gioacchino Greco (1600-1634) et le joueur syrien Phillip Stamma (1700 ou 1705 ?-1760), qui publia en français à Paris en 1737 "Essai sur le jeu des échecs", puis en anglais à Londres en 1745 "Noble Game of Chess", c'est réellement à partir de
«Philidor (1726-1795)» que nous entrons dans la phase moderne
de l'histoire des Échecs.
*** COMMENT BIEN JOUER AUX ÉCHECS ***
«Les grands joueurs qui ont contribué... - Par Eric Blineau»
«A History of the Development of Chess Strategy- By Eruk»
«Exeter Chess Club: The development of chess style!»
«Great Chess Teachers - Google translation from Spanish»
Assez rapidement, vers la fin du XVème siècle, le centre de gravité des Échecs bascula de l'Espagne vers l'Italie. Si l'on doit à l'Espagne les grandes figures que furent Ruy Lopez (1530-1580) et Francesh Vicent, les raisons sont nombreuses, après la mort de Lopez, pour que l'École italienne se soit imposée. Cela est dû d'abord à la présence de fort joueurs et à l'influence de leurs écrits. Damiano, d'origine portugaise, s'installa à Rome et publia son célèbre ouvrage, en italien, en 1512. Mais il faut enfin penser à d'autre grands joueurs comme Leonardo et Polero. L'École italienne, prônait un jeu très dynamique ayant pour objectif une attaque ultra-rapide sur le roque adverse à base de sacrifices. La Partie Italienne est un excellent représentant de cette conception, mais également le gambit du Roi. On cherche à activer le jeu au maximum par des gambits et autres sacrifices ; l'objectif essentiel reste le point faible f7. Toutefois il y a un autre aspect important, dont Eric Ruch parle en spécialiste :
«Les Règles italiennes - Par Eric Ruch» . Il s'agit du
"passar battaglia" et du "roque libre". Vous pouvez
vous référer à l'excellent article d'Erich Ruch, qui définit
clairement ces règles et les illustre de parties où elles ont été
jouées.
Eric Ruch analyse - dans l'article en ligne que je viens d'indiquer, mais aussi dans plusieurs articles qu'il a écrit seul ou en collaboration avec "Le Scribe" dans le :
«AJEC - CDE - "Courrier des Échecs"» - les conséquences de
l'usage de telles règles qui ont forcément contribué à isoler
l'Italie. Le fait est que le grand Greco, dit Le Calabrais, de loin
le plus fort joueur de son temps, quitta jeune son pays pour ne plus
jamais y revenir. Il se rendit en France, en Angleterre ; puis
séjourna à la cour d'Espagne, avant d'accompagner un noble aux
Indes, où il mourut à 34 ans. Si l'on parle, à propos de l'Italie,
de l'École de Modène c'est essentiellement à cause de la grande
figure que fut Domenico Lorenzo Ponziani (1719-1796). Il publia en
1782 "Il Giuco Incomparabile degli scacchi". Il y étudie de
nombreuses ouvertures, dont celle qui porte son nom.
Nous savons que Philidor attachait une grande importance aux pions ("Les pions sont l'âme des échecs"), qui avaient été pratiquement négligés avant lui. Il jugeait nécessaire de disposer d'une stucture de pions souple, d'un fort centre et en particulier d'un fort pion central ; ainsi avec les Noirs aimait-il jouer c6 lui permettant ensuite de jouer d5. Dans l'article qu'il publie sur son site :
«"The Soul of Chess" - By Boris Alterman» le GMI Boris Alterman
dit au sujet de Philidor, en fin d'analyse de la partie Count Bruel
- Philidor, F , London, 1783 : "Philidor a enseigné la puissance du
pion passé. Cette partie est tout à fait typique du style de
Philidor. Déjà ici nous apprenons un grand nombre de règles :
Bonne et mauvaise pièce, avantage spatial, colonne ouverte,
structure des pions, importance du centre". On comprend à quel
point François-André Danican Philidor était en avance sur son
temps et justement son profond modernisme !
Après la mort de Philidor la France continua à rester le pays leader pour les Échecs, avec des joueurs tels Alexandre Louis Honoré Lebreton Deschapelles (1780-1847), Louis Charles Mahe de La Bourdonnais (1797-1840) et Pierre Charles Fournier de Saint Amant (1802-1872). Mais durant cette période il n'y eu aucune avancée théorique, l'"Analyse du jeu des echecs" restant indiscutablement la bible. Les deux matchs qui eurent lieu en 1843 entre Pierre de Saint Amant et Howard Staunton (1810-1874) marquèrent la fin d'un siècle de domination française sur le Noble Jeu. Il faut noter à cet égard que Staunton mérita alors largement d'être considéré comme le plus fort joueur de son temps. D'une part compte tenu de la qualité de son jeu, mais tout autant par l'innovation qu'il représentait. Il est, quoi qu'il en soit, largement justifié de parler de l'École anglaise, que Staunton, tout particulièrement, symbolisait de sa forte personnalité. Howard Staunton fut un théoricien de tout premier plan, comme le reconnaît Robert James Fischer. Il avait une connaissance approfondie des ouvertures et y apporta de nombreuses nouveautés. Il jouait systématiquement l'Ouverture Anglaise, développa des variantes fermées et pratiqua le jeu sur les ailes, y compris les "fianchetti". Enfin il louvoyait avec ses pièces, derrière la ligne des pions, ce qui n'était pas dans la pratique du jeu jusque-là.
*** CLASSICISME ET HYPERMODERNITÉ ***
Wilhelm Steinitz (1836-1900) est une figure considérable du monde des Échecs sous bien des angles. Premier champion du monde officiel, il fut un très fort joueur même s'il n'était pas dans sa nature, bien au contraire, de se livrer à un jeu spectaculaire. Il est particulièrement intéressant de réaliser l'ascendant de Steinitz sur les joueurs de son temps. Cela s'explique par le fait que c'était un grand théoricien et qu'il prouvait, devant l'échiquier que ses idées étaient justes. Il fut relayé par Siegbert Tarrasch (1862-1934). Ce sont les deux pères fondateurs d'une École qu'on dit "Classique", mais qu'on pourrait appeler tout aussi bien moderne. Nous dirons qu'il s'agit de la "Théorie Classique des Échecs" afin d'éviter toute confusion. Cette théorie soutient un jeu "positionnel", par opposition à un jeu spectaculaire et aventureux. On simplifie pas mal cette théorie très élaborée en se limitant aux quelques préceptes suivants, mais pour autant il n'est pas mauvais de les rappeler : * Les "Forces", L'"Espace" et le "Temps" sont les données fondamentales qui régissent une partie d'Échecs. * Il faut d'abord achever le développement de toutes ses pièces avant de lancer une attaque. * Le centre doit être occupé, la formation idéale pour les Blancs étant : e4,d4. * On ne joue pas, dans l'ouverture, une même pièce deux fois. * Après le roque, le Roi doit être protégé par les pions du roque. Par ailleurs, le grand roque est plus risqué que le petit. * Les Cavaliers doivent être joués avant les Fous. * Il faut ouvrir des lignes d'attaque et les contrôler. * La Dame est moins forte que deux Tours ou trois pièces mineures. * Gagner une partie est souvent l'art d'exploiter de petits avantages. Avant de poursuivre on nous permettra quelques commentaires rapides. Il y a un dogmatisme certain dans les règles classiques ; plus grave, elles ont eu tendance à figer le jeu dans certaines limites. Mais, on ne peut pas dire cela sans leur rendre par ailleurs justice en reconnaissant à la "Théorie Classique des Échecs" le mérite d'être profonde, pertinente, équilibrée et, de plus, présentée par le Docteur Tarrasch avec une indéniable pédagogie. On peut encore ajouter que le Dr. Siegbert Tarrasch était un très grand joueur, qui aurait vraisemblablement mérité d'être champion du monde, et que son apport à la théorie des ouvertures est tout simplement considérable. L'"École Hypermoderne" vint alors apporter un vent de révolte. Elle était représentée comme l'on sait par plusieurs joueurs au talent immense comme Aaron Nimzovich (1886-1935), Richard Reti (1889-1929), Gyula Breyer (1893-1921), mais aussi Alexander Alekhine (1892-1946), Ksawery Tartakower (1887-1956), Hans Kmoch (1894-1973) et quelques autres. Du point de vue de la théorie l'ouvrage phare est naturellement "Mon Système" de Nimzovich ; cependant il faut ajouter ses autres livres, l'œuvre importante de Reti et la contribution originale et profonde de Kmoch dans son magnifique livre : "L'art de jouer les pions". À cela s'ajoute l'apport considérable de tous ces grands joueurs dans le cadre de la Théorie des Ouvertures. L'"École Hypermoderne" clamait que le type de centre classique (d4, e4) pouvait faire l'objet d'attaques par des pièces et des pions et qu'en conséquence mieux valait "contrôler" le centre que de l'"occuper". Cette seule conception ouvrait déjà la porte vers une très large gamme d'ouvertures nouvelles que nous connaissons tous, correspondant souvent à un jeu de flanc, avec contrôle du centre de loin, en particulier grâce à un ou deux Fous en fianchetto. Bien sûr les règles classiques sont bafouées et on ne manque pas l'occasion de les mettre en défaut. D'autres idées fortes chez Nimzovich sont les notions de "centralisation", de "prophylaxie", de "colonne ouverte" (revue et précisée), d'"exploitation indirecte d'une colonne", d'"attaque sur la septième rangée", de "blocage du pion passé", de "bloqueur", de "pions doublés et de handicap", de "points forts ou faibles" etc... Richard Réti défend, quant à lui, des idées franchement novatrices, comme la distinction qu'il fait entre "coup de développement" et "coup d'initiative". Ses études de combinaisons ou au sujet des "faiblesses sur la colonne f", ou encore sur les "chaînes de pions", méritent aussi toute notre attention. Nous avons insisté sur la grande originalité de l'ouvrage de Hans Kmoch, mais il faut également dire toute la richesse que contiennent les "Deux cents parties" d'Alexander Alekhine analysées par lui-même.
*** ÉCOLE SOVIÈTIQUE ET GUERRE FROIDE ***
« A time-line of Russian - World News - Politics - History...»
« The Union of Soviet Socialist Republics (USSR) (CCCP) »
« Russian Revolution October, 1917 - Since 8th July 1917»
« Kings and Paws in Soviet Russia - By Olaf Ulvestad»
« Aledander Alexanderovich Alekhine (1892-1946)-Bill Wall»
« Soviet Chess 1917 - 1991 - By GM Andrew Soltis»
« Years of Reaction (1907-1910) - Lenine and Maxim Gorky»
« Victor Kortchnoi: My Life for Chess - By Frederic Friedel»
« Massachusetts Institute of Technology - Soviet Politics...»
« Chess Books from Amos Burn to Capablanca-Notes-Pictures»
« Analyses - Cold War Chess - By Daniel Johnson May 2005»
« La Révolution d'Octobre - 6 novembre 1917 - Petrograd»
« Russian Revolution (October 1917) - Lenin Museum Index»
«Leaders of the Russian Revolution - Microform Collection»
La période charnière entre la Révolution d'octobre 1917 et la période contemporaine a vu de tels bouleversements politiques qu'il aurait été impossible que la pratique des Échecs n'en ait pas été marquée profondément ; or elle le fut au-delà de ce qui était imaginable. Tout d'abord, pour ce qui concerne les Échecs en Russie, il faut tenir compte de ce que l'on jouait de longue date à ce jeu à la cour des Tzars, ainsi que chez les nobles et sans doute aussi dans une certaine élite sociale. Il y avait donc une tradition des Échecs. A cela il faut ajouter qu'on ne doit pas confondre arriération sociale et arriération culturelle. Or, de fait la Russie tsariste connaissait un haut niveau culturel ; ce que révèlent les grand écrivains russes Gogol, Dostoievski, Tolstoï, Tourguenev, Tchekhov et Gorki... On sait aussi que l'élite russe de l'époque parlait couramment le français ; parfois aussi l'allemand et anglais. Enfin les Russes ont toujours beaucoup voyagé. Toutes ces raisons permettent de comprendre qu'ait pu surgir un joueur d'Échecs de la dimension de Mikhail Ivanovich Tchigorine (1850-1908). En effet Tchigorine fut un joueur de grand talent, qu'on peut situer au plus haut niveau, même s'il ne fut pas champion du monde. De plus sa forte personnalité s'est clairement manifestée par l'originalité de son jeu et la profondeur de ses conceptions théoriques. Il était anti-dogmatique et n'a pas manqué de s'opposer à cet égard à Steinitz et son École. Tchigorine est entre autre connu par sa préférence pour le Cavalier sur le Fou. D'ailleurs dans la grande variante Tchigorine de l'Espagnole ...Ca5 n'a nullement pour objectif la prise du Fou blanc, mais de jouer ...c5, puis de repositionner le Cavalier derrière le pion. Par ailleurs Tchigorine avait une vision claire de la valeur relative des pièces. Enfin on doit insister sur sa grande créativité de jeu, qui influença son École et pérennisa son influence. Tchigorine mourut quelques années avant la Révolution d'Octobre. Tous les grands dirigeants bolcheviques étaient de bons joueurs d'Échecs, à commencer par Lénine et Trotsky, mais cependant le jeu lui-même fut banni, dans un premier temps, car il symbolisait par trop l'ancien régime. Toutefois les dirigeant russes, et sans doute Staline plus que tout autre, prirent conscience très vite du rôle politique considérable que les Échecs pouvaient jouer. Sur le plan intérieur d'abord, on pouvait reconnaître aux Échecs quatre qualités majeures : i) Une valeur sociale, en tant que facteur de stabilité. ii) Une valeur éducative, il est vrai difficilement contestable. iii) Une valeur symbolique, comme recherche d'une forme élevée de perfection. iv) Une valeur politique, exprimant la supériorité de l'homme nouveau prôné par la société communiste. Parallèlement on comprend le rôle considérable d'ambassadeur que fut celui des Échecs et l'on sait l'intense propagande d'État qui fut orchestrée par les autorités soviétiques, au plus haut niveau, tout le temps qu'a duré le régime communiste. Il est impossible de démonter ici tous les mécanismes de l'organisation soviétique des Échecs et je n'en ai d'ailleurs pas la compétence ; par ailleurs nous sortirions ainsi du sujet. Visons donc l'essentiel. Il faut reconnaître l'extraordinaire réussite que fut cette entreprise. Tout un peuple, toute une société allait apprendre les Échecs et se perfectionner dans la pratique de ce jeu. Cela supposa une organisation gigantesque et impeccable. Mais le fait est que tout ceci aurait pu se réaliser dans un contexte général de banalité et de médiocrité ce qui ne fut absolument pas le cas, comme chacun sait. Tout au contraire l'École soviétique a atteint un niveau extraordinaire, sans égal, comme on le voit encore aujourd'hui. Cela a correspondu à : i) Un système éducatif de premier plan. ii) Une pratique à grande échelle et à un niveau d'ensemble élevé. iii) L'émergence d'un nombre impressionnant de joueurs de tout premier plan. iv) Une contribution inestimable à la Théorie et à la Pratique des Échecs. Pour conclure ce paragraphe et mettre en valeur le suivant il est bon de noter que cette magnifique "École Soviétique des Échecs" reste encore la première au monde, car elle a survécu, en tant qu'entité globale, à l'éclatement de l'Union Soviétique et est aujourd'hui, à travers les joueurs et joueuses russes, ukrainiens, arméniens, géorgiens, hongrois, bulgares et autres au sommet de sa gloire ... Et comment imaginer que le plus grand joueur de la prochaine décennie, qui n'a peut-être aujourd'hui que 15 ans, ne provienne pas de l'un de ces pays ? ... Ah! A moins qu'il ne soit Indien ou Chinois, qui sait !?
*** QU'EST-CE QU'UN JOUEUR D'ÉCHECS GÉNIAL ? ***
Robert James Fischer (né le 9 mars 1943 à Chicago) est sans doute le plus grand joueur d'échecs de tous les temps !... Pour le déroulement de sa carrière une excellente ressource est :
« Robert James (Bobby) Fischer - By Bill Wall»
Maintenant me je dois de justifier une telle affirmation, même s'il s'agit de l'opinion la plus répandue. Une manière de voir les choses est de dire que Bobby Fischer fut l'acteur principal de ce que les historiens futurs des Échecs reconnaîtront assez vraisemblablement comme le plus grand événement échiquéen de l'histoire survenu jusqu'à ce jour. Cependant, il y a un risque et une limite à se contenter de voir les choses ainsi. Le "risque" est de donner une interprétation erronée de l'événement, comme l'ont montré bien des commentaires de presse. La première erreur est d'y voir une défaite humiliante, du Bloc de l'Est, du camp soviétique ou encore de Borris Spassky lui-même ; ils ont été surclassés, ce qui ne signifie pas du tout la même chose. La seconde est d'y voir une quelconque victoire de l'Occident ou pire encore des valeurs occidentales. Enfin la troisième consiste à y déceler l'arrivée soudaine des USA au premier plan mondial des Échecs. Tout ceci ne tient absolument pas la route. En premier lieu, la passage fulgurant de Robert James Fischer n'a en rien modifié le rapport de forces, en dehors de sa propre personne. En clair, Bobby Fischer était le meilleur joueur du monde, et à lui seul il était capable de faire pencher la balance dans l'autre sens ; mais hormis lui personne ne pouvait se permettre de contester la suprématie absolue de l'École Russe et de son incomparable Armada. Par ailleurs il y a aussi une "limite" à ne prendre ainsi en compte que les aspects politiques et sociaux... Il manque singulièrement ici une dimension humaine. "Il était une fois l'Amérique"... Oui l'Amérique est grande, dominatrice, et première en tous domaines, même pour ce qui est de l'Art où l'Europe détenait pourtant des bastions de tout premier ordre. Selon des idées que je devrais sans doute développer avec mon ami Eric Ruch, dans un autre article, il eut été logique que les USA soient aujourd'hui la première puissance échiquéenne au monde. Mais des facteurs plus complexes interviennent ici pour brouiller les cartes. On peut penser, dans un premier temps, aux rapports d'Athènes et de Spartes de la Grèce antique ... Oui, par trop de totalitarisme les soviétiques auraient ainsi privé le Continent Nord-Américain d'une domination qui lui revenait de droit. Mais la réalité est décidément plus complexe et plus rebelle ! ... En effet supposons que, suite à un cataclysme sans précédent, que, Grands dieux! je ne souhaite nullement, toute l'Asie et toute l'Europe de l'Est disparaissent subitement ... alors l'Amérique devrait se contenter de la deuxième place, sur le plan des Échecs, face à la Vieille Europe qui s'emparerait de la première place. Cette constatation est très troublante et presque inexplicable pour plusieurs raisons. Les USA ont eu un bon nombre de joueurs de plus haut niveau mondial (Paul Morphy, Frank Marshall, Robert E Byrne, Samuel Reshevsky, Pal Benko, Bobby Fischer...) ; ils disposent d'une solide infrastructure de clubs, de camps, d'écoles voués aux Échecs ; ils attirent traditionnellement de forts joueurs étrangers qui deviennent citoyens américains (Susan Polgar en est un bon exemple récent) ; ils disposent enfin de puissants leviers financiers, médiatiques et via Internet... A terme de tels efforts peuvent porter leurs fruits. C'est même probable !... Mais le fait est qu'aujourd'hui, comme dans les années 60-70, les USA sont loin de peser franchement lourd sur la scène internationale des Échecs, en comparaison avec l'Europe. Ainsi le destin de Robert James Fischer est-il hors du commun. C'est par ses propres qualités qu'il a seul renversé un empire. Il a fait preuve d'une volonté tenace pour parvenir à son but ; aidé par sa prodigieuse mémoire, il a fournit un travail considérable pour ne rien ignorer de ce que devait connaître un joueur de premier plan ; il a appris le Russe pour lire les revues soviétiques ; il a étudié à fond le jeu de ses adversaires ; mais il avait aussi une ultra-lucidité, face à l'échiquier, comme cela ne s'était jamais vu ; enfin il avait une volonté farouche de vaincre qui poussait à leur paroxysme tous ses talents... Et c'est ainsi, par l'expression de son seul génie, qu'il finit par s'imposer, avec l'insolence que l'on sait, face à une prodigieuse coalition de joueurs, qui comptent tous parmi les monstres sacrés du Noble Jeu!
*** UNE NOUVELLE ORGANISATION MONDIALE ***
«FIDE - Fédération Internationale des Échecs - History»
«Bill Wall's Chess Page - FIDE History»
«Chess-Poster.com - Brief Notes on the History of Chess»
«The First Chess Rating Lists - By Sam Sloan»
«World Champions - Chess world championship matches»
Si l'on s'en tient aux faits majeurs il faut noter : la généralisation des clubs, puis des ligues comme stuctures de base ; la création des fédérations nationales et, pour chapeauter le tout, la création en 1924 à Paris de la FIDE (Fédération Internationale des Échecs - World Chess Federation). Durant toute la période qui a suivi les rencontres nationales et internationales sont devenues de plus en plus fréquentes. Deux faits important s'ajoutent à cette panoplie : l'usage courant de la pendule d'une part et d'autre part la généralisation du classement ELO, que ce dernier soit national ou international. En suivant le fil de notre pensée nous retrouvons ici le thème "Échecs et Société" du début, ce qui n'est pas en soi surprenant, mais ceci dans un contexte radicalement nouveau, qui, au cours de ce paragraphe, correspond grosso modo au XXème siècle. A la confrontation individuelle s'est substituée une confrontation collective et toute partie jouée prend une dimension universelle du fait qu'elle se réfère à un patrimoine commun et que le classement ELO qui nous revient nous situe dans une échelle mondiale. Cette évolution conduit tout naturellement au concept moderne voyant dans les Échecs un "sport" ; Sport de l'esprit bien sûr, mais pas uniquement car les "Échecs de compétition", tels qu'on les conçoit aujourd'hui, induisent une implication totale de la personne : intellectuelle, morale, pshychique et tout autant physique... et, compte tenu du statut social et international qu'a le "Sport" dans notre monde présent, nous sommes ainsi conduits à jeter un regard nouveau sur un jeu que nous pensions pourtant bien connaître. Personne, à ma connaissance, n'a aussi bien parlé de ces questions que René Alladaye dans son merveilleux petit livre : "Petite Philosophie du Joueur d'Échecs", dont je ne peux que vous recommander la lecture. Voici deux liens à ce sujet :
«Editions Milan - Petite philosophie du joueur d'échecs»
«René Alladaye - Petite philosophie du joueur d'échecs»
Evidemment cet ouvrage, unique en son genre, aborde bien d'autres questions captivantes et je ne manquerai pas d'y revenir ! Ce nouvel ordre des choses, que nous examinons tranquillement par étapes, comprend bien d'autres données significatives, comme l'intrusion massive des logiciels et des banques de parties. Certains y voient l'apparition du diable et une forme de dopage ! ... Rien, a mon sens, ne justifie un tel pessimisme. Chaque période de l'histoire des hommes a connu son lot de progrès et de bouleversements, ce à quoi nous avons toujours su nous adapter... Pourquoi ne serions-nous pas aptes à le faire une fois de plus ? Enfin l'Internet fait irruption dans nos vies ce qui amplifie de manière radicale un phénomène de mondialisation comme nous n'en n'avions jamais connu. L'Internet ce sont les forums de discussions, les moteurs de recherche, les informations en ligne sur toutes les grandes compétitions de la planète, les allées et venues et conférences de presses des joueurs du TOP 10, les nouvelles de la FIDE, mais aussi le jeu en ligne... Ainsi les Échecs sont-ils devenus un jeu nouveau s'exprimant dans un monde nouveau... sauf pour ceux qui n'ont pas de mémoire et les très jeunes qui eux n'ont pas connu d'autre réalité.
*** L'HOMME FACE À LA MACHINE ***
Quoi qu'il en soit il est vrai que la défaite de Gary Kasparov face à Deep Blue, en 1997, marqua une date essentielle. D'ailleurs le match récent Michael Adams - Hydra, Londres 2005, montre bien que nous allons maintenant vers une divergence où des programmes seront capables de surclasser de beaucoup les meilleurs joueurs humains. Cela ouvre des perspectives surprenantes à savoir que le joueur d'Échecs - et identiquement dans bien d'autres domaines - se surpassera sans cesse davantage lui-même en mettant à profit des logiciels le surclassant radicalement bien qu'ils soient sa propre création. Dans un article paru en 1997 dans le New York Times :
«How Intelligent is Deep Blue - By Drew McDermott»
Drew McDermott dit entre autre ceci : "Deep Blue est inintelligent parce qu'il est si étroit. Il peut gagner une partie d'échecs, mais il ne peut pas reconnaître, ce qui est pourtant beaucoup moins compliqué, une pièce d'échecs. Il ne peut même pas soutenir une conversation au sujet de la partie qu'il vient juste de gagner. Puisque l'essence de l'intelligence semble être la diversité, ou autrement dit la capacité de réagir de manière créative face à une grande variété de situations, il est difficile de créditer Deep Blue d'une telle intelligence." Intéressantes sont les idées de Michael Genesereth, computer science professor, Stanford University, telles qu'elles sont présentées dans la page qui suit :
«PhysOrg.com - When computers play games, AI is...»
Il défend l'idée originale suivante : "Des programmes qui pensent mieux devraient pouvoir gagner plus de jeux (divers)". Selon lui le programme GGP (general game playing) est "radicalement différent" du programme d'ordinateur utilisé en particulier par le programme IBM Deep Blue. Genesereth dit de Deep Blue: "L'ordinateur ne fait que suivre ce qui lui a été inculqué". Et il ajoute : ""General game playing" (GGP) requière que l'ordinateur soit capable d'apprendre et de comprendre les règles, ce que Deep Blue ne sait pas faire." Je cite encore cette très juste remarque de Michael Genesereth : "La nature de l'intelligence est de synthétiser un vaste champ d'informations et de prendre une décision." Il est difficile de dire mieux ! Le sujet est ici si vaste et diversifié qu'on ne peut espérer parvenir à une synthèse, surtout dans le cadre d'un article comme celui-ci. Pourtant j'aimerais encore évoquer l'excellent article de Miroslav Kubat :
«Advances in Computation: Theory and Practice - Games»
Il s'exprime ainsi dans son introduction: "L'excellence, en jouant à un jeu comme les échecs, a toujours été perçu comme indicateur fiable d'intelligence vive. Tandis que quelques adeptes prodigieusement doués sont parvenus aux rangs les plus élevés dès leur plus jeune âge, la plupart des joueurs ne pourront jamais aller au delà du niveau de "bon" joueur. Les exploits des grand maîtres sont enveloppés de mystère. En effet, comment expliquer que Kasparov soit capable de battre d'autres grands maîtres et de triompher dans le jeu en simultané ? Domine-t-il une certaine complexité au plus profond du jeu qui l'incite à voir des modèles cachés à d'autres mortels ? son cerveau travaille-t-il juste plus rapidement, ou possède-t-il également quelques raccordements essentiels dont d'autres manquent ? ..."
*** L'HOMME FACE À LUI-MÊME ***
i) Comment est organisé notre cerveau ? ii) Comment pensons-nous ? ... En particulier aux Échecs ? iii) Comment prenons-nous nos décisions ? ... En particulier aux Échecs ? Voici quelques liens, assez difficiles à trouver - je veux dire à sélectionner - susceptibles de nous aider dans cette recherche :
«La Science d'ici et d'ailleurs - Le cancre des Echecs»
«Histoire des Sciences - Quand la pensée se dévoile»
«Research Report - Music Lessons Enhance IQ ...»
«Modèles de langage et de pensée - Alain Lecomte»
«Comparaison Between Chess and Go - Milton N. Bradley»
«A Cognitive and Neuropsychological perspective on the...»
«Cognitive Brain Research-The Game of chess-Univ. of Min.»
«The problem of functional localization in the human brain»
«Einstein (1879-1955) and Chess - By Bill Wall»
«Georg Friedrich Wilhem Hegel - Philosophe allemand, 1770-1831» On sait que vers la fin du XIXème siècle Franz Joseph Gall eut le premier l'intuition que le cerveau était subdivisé en zones spécialisées. En particulier il localisa le centre du langage dans le lobe temporal gauche du cerveau. Au début du XXème siècle effectivement W.Campbell et K.Brodmann sont parvenus à réaliser les premières cartographies du cerveau ; depuis les études ont été approfondies, mais ont confirmé ces premières constatations. Diverses études, comme celles entreprises à l'université de Toronto de Mississauga, Mississauga Ontario, Canada, par E. Glenn Schellenberg à propos de la musique, montrent bien ce que les activités humaines les plus élaborées peuvent apporter du point de vue du développement de l'intelligence. Il en va, d'une certaine manière bien ainsi des Échecs. Et pourtant il convient de rester très prudent à cet égard ; d'autant que, comme déjà dit, on a par trop survalorisé les Échecs en tant d'archétype de l'intelligence à l'état pur. On peut toujours objecter pour commencer que Voltaire, Rousseau, Diderot, tous trois amis de Philidor, Napoléon, Churchill, Enstein, ami d'Emanuel Lasker, pour ne citer qu'eux, furent des joueurs plutôt modestes, malgré un indéniable enthousiasme, alors qu'on aurait tout de même mauvaise grâce à douter de leur intelligence ! On trouve en bonne partie une réponse à cette énigme dans divers travaux récents. Ainsi a-t-on montré qu'un grand maître, lorsqu'il réfléchit face à une position, n'utilise pas les mêmes zones du cerveau que le joueur moyen ou inexpérimenté. Plus précisément d'ailleurs des chercheurs américains et chinois, se basant - grâce à une technique de "functional magnetic resonance imaging" (fMRI) - sur l'étude du cerveau de joueurs d'Échecs et de GO, ont montré que les zones actives, lorsqu'ils jouent, ne sont pas celles généralement associées à l'intelligence. Le principal chercheur ici impliqué, Shen He, de l'Université de Minnesota, Minneapolis, considère que c'est vraisemblablement la mémoire des parties jouées ou des positions connues qui joue ici le rôle moteur, alors que les zones propres à l'intelligence n'interviendraient que lors de matchs à enjeu exceptionnel.
*** UNE MANIÈRE DIALECTIQUE DE PENSER ***
Une manière simple, et peut-être simpliste, de voir les choses est de considérer que à toute concept complexe (thèse), en particulier humaine, correspond une contre-concept (antithèse) et que leur rapports dialectiques engendrent une meilleure approche (synthèse) de la réalité insaisissable que l'on cherche à appréhender. Ainsi, ce n'est pas la réalité qui est dialectique en soi, mais la manière dont nous procédons pour essayer de l'atteindre. Ainsi y a-t-il une dialectique homme/femme, paix/guerre, vrai/faux, beau/laid, bien/mal etc... De la sorte l'intelligence humaine peut s'interpréter dans une dialectique : raisonnement/intuition. Lorsque nous jouons aux Échecs, on voit bien se mettre en œuvre cette dualité, cette complémentarité, entre ces deux formes radicalement opposées de pensée. Donc, imaginons que vous êtes face à l'échiquier et que c'est à votre tour de jouer. Vous pouvez regarder votre adversaire pour tenter de deviner ses pensées ou encore prendre un air distrait afin de lui faire croire que vous n'êtes pas attentif. Mais négligeons ces facteurs psychologiques pour en venir au seul mode de pensée. Vous examinez la position, vous raisonnez, vous avez une bonne intuition, mais aussi vous gardez le fil de partie en tête, enfin vous faites travailler votre mémoire pour faire usage de vos connaissances théoriques, mais aussi en puisant dans votre expérience personnelle et votre connaissance de la pratique des grands maîtres. On voit donc ici le rôle que joue la mémoire et par ailleurs une seconde forme de dialectique, qui est propre au raisonnement : analyse/synthèse. Une autre dichotomie, concernant le cerveau et plus précisément l'intelligence, mise en évidence par plusieurs chercheurs, aide a mieux comprendre les facultés mentales du joueur d'Échecs. Selon Horm et Cattell (1966) il y aurait une importante dichotomie générale de l'intelligence avec d'un côté une intelligence "cristallisée", basée sur les connaissances acquises, la culture, l'habitude, et de l'autre une intelligence "fluide", cette dernière correspondant à une aptitude à traiter des questions nouvelles. Ceci introduit une nouvelle dialectique, propre à la description de l'intelligence : fluide/cristallisée. On comprend alors tout de suite que la pratique des Échecs est surtout liée à la forme cristallisée de l'intelligence.
*** DERNIER REGARD SUR LES ÉCHECS ***
On peut cependant objecter que ces cas sont tout de même marginaux et que globalement les joueurs d'un certain niveau parviennent à effectuer des choix en conformité avec leurs réflexions. Par ailleurs il est vrai que mondialement le niveau d'ensemble des joueurs ne cesse de croître, cette élévation se faisant sentir à tous les niveaux de la pyramide. On peut estimer que ce progrès est "culturel", mais il est aussi pour une bonne part "informatique" puisque nous voilà aidés par des logiciels qui jouent incomparablement mieux que nous... C'est d'ailleurs une chance qu'ils nous dévoilent le plus souvent comment ils jouent, car sinon nous finirions par ne plus les comprendre. Mais l'apparition de programmes comme Hydra, et ceux plus puissants qui suivront, pose des problèmes un peu hallucinants ; en théorie du moins ils peuvent atteindre un classement ELO de 3000, 4000, 5000 ou même beaucoup plus. Mais cette fois toute comparaison perd son sens. Pour un joueur "théorique", gagnant toutes ses partie et vivant une éternité, le ELO pourrait approcher l'infini ... mais en même temps cela est stupide puisqu'il ne trouverait plus aucun adversaire et que de plus ce joueur "parfait" en arriverait tout naturellement au dégoût complet de jouer... Il est donc prévisible que les ordinateurs joueront entre-eux, avec leur propre classement, et que les humains ne s'y frotteront plus... A moins que leurs capacités ne soient bridées. Ceci nous conduit à nouveau au cœur de la problématique des Échecs qui est leur insondable complexité ; là réside leur profondeur, leur mystère, leur charme, leur ineffable beauté ... Mais il y a dans cette réalité un élément peu connu et surtout mal compris. Interviennent dans le jeu d'Échecs de très grands nombres ; j'ai montré que 2400 était l'un d'entre eux, mais il existe des estimations qui donnent des nombres bien plus grands. Peu importe !... Le fait essentiel est que ces nombres sont trop grands pour qu'on puissent utiliser des méthodes de dénombrement, même par les procédés informatiques les plus puissants que l'on connaisse, alors que par ailleurs les Échecs restent fondamentalement rebelles, à cause de leurs trop grandes singularités, aux procédés de l'analyse mathématiques. Vous trouverez des compléments relatifs aux idées proposées ici dans les pages que voici :
«Nouvelle Théorie des Échecs - Profondeur des Échecs»
«Réflexions et Debats- Philosophie -Correspondance»
Dans ce monde en fuite, sorte de comète en pleine dérive, au beau milieu de l'univers, où l'espace et le temps ne cessent de se contracter, la terre n'étant plus qu'un point virtuel pivotant à une vitesse hallucinante sur lui-même, nous jouons aux Échecs, comme Dieu joue aux dès, à mi-chemin entre calme et frénésie ... et toujours me revient cette phrase de Blaise Pascal, dans les "Pensées" : "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie".
«Arthur Rimbaud-©-1998-2005 www.mag4.net- Catherine»
«John Wolfgang von Goethe (1749-1932) - Wikipedia...»
«Charles Darwin - British Naturalist (1809-1882) ...»
«www.sergiosakal.com.br - Historia Da Russia ...»
«Galileo Galilei - Astronome Italien (1564-1642) »
«Professor Stephen Hawking - Does God Play Dice?...»
«Is the relativity principle an unquestionable concept...?»
«Proof of the last Fermat's Theorem - By Andrew Wiles»
«Ludwig Wittgenstein (1889-1951) - Philosopher...»
«About Astronomy - What's new with the Big Bang? ...»
«Karl Friedrich Gauss-(1777-1855)-German mathematician»
«Bernhard Riemann-(1826-1866)-German mathematician»
«Welcome to the Worlf of Michel Foucault - Philosopher»
«Michel Foucault-Foucault-Info-Qu'est-ce que les Lumières ?»
«Jacques Derrida Algerian-born - French Philosopher ...»
«Federico Fellini (1920-1993) - Senses of cinema ...»
«Fernando Arrabal - Biography and the work of Arrabal»
«The Ancient City of Athens - Photographics archives»
«The Evariste Galois Archive- Evariste Galois (1811-1832)»
«PENSEES (1670) - By Blaise Pascal - Trans. by W.F. Trotter»
Michel Bruneau, webmestre de Chess-Theory,
The Origin of Chess
History of the Chess Game
The Hypermodern Chess Revolution
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