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«figure»
une valeur estimée en nombre de pions. En d'autres termes, on
considère le pion comme unité de valeur en lui attribuant la valeur 1.
1o) La valeur théorique des pièces d'échecs De la sorte : la valeur théorique des pièces est donnée par le tableau suivant
En fait le Dr Siegbert Tarrasch
s'exprime ainsi à ce sujet :
(Traité pratique du jeu d'échecs 1931 ; traduction en français :
1992 Editions Payot, Paris, p.52)
«La Dame vaut deux Tours ou trois pièces mineures...Deux pièces mineures sont plus fortes qu'une Tour. Les Fous et les Cavaliers sont de valeur égale et valent chacun à peu près trois Pions. Cette classification ne vaut que pour les joueurs débutants.» 2o) Pièces «lourdes» et pièces «mineures» Compte tenu de leurs valeurs comparées les figures (i.e. les pièces autres que les pions), mis à part le Roi, sont classées en deux catégories : 3o) La «qualité» The différence de valeur (i.e. de force) entre une Tour et une pièce mineure s'appelle la qualité. Ce concept joue un rôle très important et nous y reviendrons souvent. Si l'on parvient à échanger une pièce mineure contre une Tour on dit que l'on gagne la «qualité» , ou encore que l'on dispose de la «qualité». Cet avantage, à lui seul, conduit assez souvent au gain, et nous reviendrons fréquemment sur ce thème. Toutefois il existe , comme nous le verrons, des situations où une pièce mineure peut se révéler aussi forte, voire parfois plus forte qu'une Tour. 4o) La «petite qualité» L'expérience montre que dans bien des situations, surtout quand les lignes s'ouvrent, le Fou peut s'avérer plus fort que le Cavalier. Cette différence de valeur s'appelle parfois la petite qualité. Avoir en particulier la paire de Fous contre Fou et Cavalier ou contre la paire de Cavaliers c'est disposer de la «petite qualité». Il ne faut ‚videmment pas perdre de vue que cet avantage est beaucoup moins significatif que la «qualité». De plus, il existe des situations où les Cavaliers sont plus forts que les Fous !
Voici donc quelques précisions sur la valeur comparative des pièces fruit de l'expérience. Avant d'y venir, citons cette remarque, page 303 du «Traité pratique du jeu d'échecs» de Tarrasch, précédemment cité. L'auteur s'exprime clairement à ce sujet : «...Ces généralités au sujet de la valeur relative des pièces sont complètement fausses pour les bons joueurs.Il faut bien le savoir.» 1o) La Dame contre les Tours Selon Tarrasch (p.303) : «La Dame n'est pas aussi forte que les deux Tours ou trois pièces mineures ; d'une manière générale et toutes choses égales d'ailleurs ces figures sont plus fortes. Les deux Tours peuvent attaquer doublement une case ce qui leur donne une supériorité sur la Dame. Celle-ci ne devient plus forte que lorsque la sécurité du Roi est menacée et qu'il est exposé à de nombreux échecs.» Sans rentrer ici dans les détails (ce n'est qu'au niveau de la «Nouvelle Théorie des échecs» que nous le ferons) on peut toutefois affirmer que la valeur relative de la Dame et de deux Tours dépend de très nombreux facteurs parmi lesquels : Voici un exemple de finale: «Dame contre deux Tours» :
DIAG 1: Trait aux Blancs
Jugement: Dans la présente position on se trouve devant une finale nulle : i) Aucun des deux pions ne parviendra à promotion. ii) Le Roi blanc aura bien du mal à se soustraire aux échecs de la Dame noire. iii) Les Tours blanches sont coordonnées, empêchant la Dame noire de s'emparer de l'une d'entre elles. La partie peut se poursuivre ainsi : 1.Te7+ Rh6 2.Tfe3 Dc2+ 3.Rf3 Df5+ 4.Rg2 Dd5+ 5.Rf2 Dd2+ 6.Rf3 a4 7.T7e6+ ½-½ 2o) La Dame contre trois pièces mineures Le combat entre une Dame et trois pièces mineures est particulièrement passionnant et incertain. A ce sujet Tarrasch (p.303 du même ouvrage) s'exprime ainsi : «...Il en est de même en ce qui concerne les pièces mineures. Celles-ci doivent toujours être bien défendues par des Pions. Si elles le sont mal, leur perte est à peu près toujours certaine dans le combat contre la Dame.» On peut facilement modérer ou de toute façon compléter l'opinion exprimé par Tarrasch. Ainsi, par exemple, deux Cavaliers se protégeant l'un l'autre constituent, pour la Dame, un bloc indestructible (si une Dame fait face à trois pièces mineures elle ne peut pas tout de même pas, excepté dans des situations très exceptionnelles - comme une promotion immédiate -, se sacrifier elle-même contre l'une d'entre elles !). Nous faisons ici des remarques similaires à celles qui ont été faites, dans le paragraphe précédent, au sujet de la confrontation entre une Dame et deux Tours : la valeur relative de la Dame et de trois pièces mineures dépend de très nombreux facteurs parmi lesquels : Intéréssons nous un instant à une finale typique : «Dame contre t rois pièces mineures» :
DIAG 2: Trait aux Blancs
Jugement: Voici une position qui semble plus délicate. On est tenté de créditer les Noirs d'un avantage significatif, compte tenu de la position des pions liés f5 et g4, à mi-chemin de la promotion. Mais les Blancs disposent d'une réplique très forte qui égalise : 1.Cd3 On note alors que le pion f est pratiquement bloqué, son avance conduisant à un clouage: 1...f4?? 2.Fe5+-; the term «clouage», dont la signification exacte sera indiquée plus tard, exprime ici que si le pion f est joué en f4, alors la Dame peut être capturée par le Fou. On considère alors que le pion f est cloué, d'où sa perte. Dans ce contexte il peut advenir : 1...Dh2 2.Fe6 Rh4 3.Fxf5 Db8+ 4.Cb4 Df4 5.Fe6 g3 6.Fd5 Df2 7.d4 g2 8.Fxg2 Dxg2 9.d5 ½-½
DIAG 2a: La partie est nulle
Il est clair, en effet, que la partie est nulle. 3o) La Dame contre une Tour, une pièces mineure et un pion A nouveau il est bien difficile d'établir une règle générale et les constatations précédantes prévalent. Notons cependant cette remarque de Tarrasch : «Une Tour, une pièces mineure et un pion sur la sixième (ou troisième) traverse - pour les Blancs (pour les Noirs) - sont plus forts que la Dame.» On peut en fait citer bien des situations comparables et nous en donnerons en exemples. Contentons nous pour l'instant d'examiner la finale que voici :
DIAG 3: Trait aux Blancs
Jugement: Le pion g est très éloigné de la promotion. Par ailleurs les pièces noires sont dispercées sur l'échiquier. En particulier le Cavalier noir a peu d'avenir. Enfin le Roi blanc n'est pas directement menacé et n'est pas très éloigné de son homologue noir. Tout ceci conduit à reconnaître aux Blancs un fort avantage devant les conduire au gain. Mais la voie est longue et technique et nous ne présentons ici qu'une variante, choisie parmi de nombreuses possibilités ; nous la croyons cependant significative : 1.Dc1! Td3 2.Dg5+ La Dame blanche, très logiquement, s'approche du Roi noir, tout en donnant l'échec pour imposer son pouvoir. 2...Rf8 3.Dc5+ Rg7 4.De5+ Rg8 5.Rc7! Le Roi blanc s'apprête à jouer un rôle actif.
DIAG 3a: Le Roi blanc est disposé à jouer !
5...Rf8 6.Df5 Tc3+ La pauvre Tour noire, astreinte … défendre le Cavalier a3, ne donnera que rarement l'échec. Notons que de Cavalier Noir est a priori condamné. 7.Rd8 Tc6 8.De5 Tg6 9.Dc5+ Rg7 10.Dxa3 Après ce premier objectif atteint le couple royal blanc va entreprendre un lent et insidieux encerclement du Roi noir, lequel va se trouver acculé à se rapprocher sans cesse des premières cases de la colonne h.
DIAG 3b: Le couple royal blanc joue !
10...Te6 11.Dc3+ Rh6 12.Dh8+ Rg6 13.Rd7 Te4 14.Dg8+ Rf6 15.Dh7 Tf4 16.Dh5 Tf5 17.Dh6+ Re5 18.De3+ Rf6 19.Dc3+ Rg5 20.Dg3+ Rf6 21.Rd6! Tg5 22.Dc3+ Rg6 23.Re7! Tf5 24.De3! Tg5 25.De4+ f5!? Les autres variantes ne sont pas meilleures.
DIAG 3c: La position après : 25...f5!?
26.Dh4 Tg2 27.Df6+ Rh5 28.Dxf5+ Rh4 Et maintenant la Dame gagne contre la Tour.
DIAG 3d: Finale gagnante pour les Blancs
Dans l'ouvrage précité Tarrasch (p.24) étudie,à cet égard, plusieurs situation types. Ici la fin de la partie peut être : 29.Rf6! Rg3 30.Dg5+ Rh2 31.Dh4+ Rg1 32.Rf5 Te2 33.Dd4+ Tf2+ 34.Rg4 Rg2 35.Dc4!! 1-0 et cette fois les Noirs sont mat en 35 coups ! 4o) Le Fou contre le Cavalier Encore un thème d'étude passionnant tant les situations sont variées. Avant d'en venir aux exemples concrets essayons de dégager quelques principes généraux : Qu'est-ce qu'un «bon Cavalier» ?: Un Cavalier est reconnu bon s'il atteint son plein rayonnement. Ceci correspond à différents critères dont certains ne pourront être précisées qu'ultérieurement. Indiquons simplement ceci : Un Cavalier obtient son efficacité optimale si plusieurs des conditions suivantes sont réalisées : Qu'est-ce qu'un «mauvais Cavalier» ?: Un Cavalier est dit «mauvais» s'il est particulièrement éloigné des conditions précédantes ; autrement dit s'il correspond à un ou plusieurs des cas suivants : Qu'est-ce qu'un «bon» ou «mauvais Fou» ?: Un Fou est dit bon s'il dispose de diagonales ouvertes, ce qui signifie essentiellement non obstruées par des pièces de son camp. En particulier : un Fou est structurellement bon si son action n'est pas entravée par les pions de son camp. Cette dernière términologie s'explique par le fait qu'il s'agit alors d'une qualité durable. Au contraire : Un Fou est dit mauvais s'il ne dispose pas de diagonales ouvertes, ce qui signifie essentiellement que celles-ci sont obstruées par des pièces de son camp. En particulier : un Fou est structurellement mauvais si son action est entravée par les pions de son propre camp. Cette dernière términologie s'explique par le fait qu'il s'agit alors, le plus souvent, d'un défaut durable. Voici une position tout à fait significative :
DIAG 4: Trait aux Blancs
Jugement: On observe en premier lieu que le matériel est identique dans les deux camps. Toutefois il apparaît tout de suite que les Blancs disposent d'un «bon Fou» et d'un «excellent Cavalier», alors que le Fou et le Cavalier noirs sont aussi «mauvais» qu'il se peut. La fin de partie qui en résulte n'a pas lieu de surprendre et montre bien que les Blancs ont aisément le gain : 1.h5+! Rh7 2.Cf5 Ff8 3.Ff7 Cg7 Le Cavalier blanc domine outrageusement le Fou noir, alors que le Fou blanc se joue du triste Cavalier noir.
DIAG 4a: Finale gagnante pour les Blancs
4.Fg6+ Rh8 5.Cxh6 Ce6 6.Cf7+ Donner l'échec au Roi adverse c'est le contraindre ; il ne faut pas s'en priver.
DIAG 4b: Donner l'échec au Roi adverse...
6...Rg7 7.Re4! Cg5+ 8.Cxg5 fxg5 L'échange des Cavaliers ne va rien changer au rapport de forces. Ceci d'autant plus que le Roi blanc dispose d'une liberté insolente. 9.Rf5 Fe7 10.Re6! Ff8 11.Fe4! Rh6 12.Rf7! Le coup de grâce. Le Fou et le Roi blanc coopèrent au mieux.
DIAG 4c: Le Fou et le Roi blanc coopèrent...
12...Fg7 13.Re8 Fh8 14.Rd7 Fg7 15.Rxc7 Ff8 16.Rd7 d5 17.cxd5 Fb4 18.d6! Fa5 19.Re8 +-
DIAG 4d: La partie est finie...
1o) La Dame contre un ou plusieurs pions La lutte de la pièce la plus forte de l'échiquier (la Dame) contre la plus faible (le pion) peut prendre des formes très diverses. Commençons par l'exemple typique de la Dame face à un pion situé à une case de la promotion. Une telle situation se produit effectivement lors de la course à la promotion gagnée par un camp juste avant l'autre :
DIAG 5: Trait aux Blancs
Jugement: La Dame blanche ne peut éviter la promotion du pion noir qu'en donnant l'échec sans relâche. Le risque de promotion immédiate explique de même l'immobilisme du Roi blanc et le fait que la présence d'autres pions, de part et d'autre, en nombre égaux ne changerait pas forcément grand chose. Si le Roi noir se déplace avec prudence, sans quitter les cases : f1, f2, g1, g2, h1 la partie est nulle. Par exemple : 1.De4+ Rg1 2.Dg6+ Rf2 3.Df6+ Rg2 4.Dg5+ Rf2 5.Df4+ Rg2 6.Dg4+ Rf2 7.Dh3 Rg1 8.Dg3+ Rh1 9.De1+ Rg2 ½-½ Voici une situation très différente et sans doute plus rare : une Dame confrontée à une armée de pions soutenue par un Cavalier :
DIAG 6: Trait aux Blancs
Jugement: Aussi impressionné que l'on puisse être par la formation noire, la Dame blanche est parfaitement apte à lui tenir tête. La partie est nulle. Il peut suivre : 1.Df4+ Rc5 2.Dxf5 c3+ 3.Rb1 b3 4.Dxg4 d4 5.De6 a4 6.Df5+ Rc4 7.Df1+ d3 8.Df3 c2+ 9.Rc1 C'est le seul choix. Ainsi : 9.Rb2?? a3+ 10.Rxa3 c1=D+ 11.Ra4 Da1#; 9.Ra1?? c1=D# 9...Cb4 10.Df4 a3 11.Dc7+ Rb4 12.Dd6+ ½-½ Maintenant la Dame blanche ne cessera plus de donner l'échec. 2o) La Tour contre un ou plusieurs pions La Tour est naturellement beaucoup moins apte que la Dame à faire face à une formation de pions. Lorsqu'elle se trouve confrontée à un pion proche de la promotion elle obtiendra tout juste la nulle en se sacrifiant. Voici maintenant un cas où une Tour est mise en déroute par sa contre-valeur en pions :
DIAG 7: Trait aux Blancs
Jugement: La Tour blanche ne peut efficacement s'opposer à la promotion de l'un des pions noirs. Ainsi, sur la base de cette position, les Noirs gagnent.Il peut suivre : 1.Th8 a5 2.Tc8+ Rd5 3.Ta8 a4 4.Ta6 e4! 5.Rc2 c4 6.Ta8 e3! 7.Tb8 Rc5 8.Rc3 a3! 9.Tc8+ Rd5!! 10.Tb8 Re4 11.Te8+ Rf3 12.Tf8+ Rg2 13.Tg8+ Rf2 14.Tf8+ Re1 15.Td8 e2 16.Txd6 b4+! 17.Rxc4 a2 18.Ta6 Rf1 19.Tf6+ Rg2 20.Tg6+ Rf3 21.Tf6+ Re3 22.Te6+ Rd2! 23.Ta6 e1=D 24.Txa2 Re3 25.Ta4 Dc3+ 26.Rb5 b3! 27.Th4 b2 28.Th3+ Rd4 29.Txc3 b1=D+ 30.Rc6 Rxc3 0-1 Voici, par contraste, une position bien différente reposant toutefois sur le même rapport de forces matérielles :
DIAG 8: Les Blancs jouent ... et gagnent
Jugement: Ici, par un jeu précis les Blancs parviennent à arracher la nulle : 1.Rb4 g6 2.Th1 Re6 3.Tc1 Rd5 4.Td1+ Re6 5.Ra5!? f5 6.Rb6 Rd7 7.Tg1 Re6 8.Rxc6 Re5! 9.Rxb5 Rd4! 10.Td1+ Re3 11.Rc4! g5 12.Td3+ Re2 13.Td5! f4! 14.Rd3 g4! 15.Re4 f3 16.Td2+ Re1! Est bien sûr une bévue : 16...Rg3?? 17.Re3! d5 18.Txd5 Rg2 19.Td2+ 1-0 (mat en 22 coups!)
DIAG 8a: Trait aux Blancs : la partie est nulle !
17.Re3! d5 18.Tb2 d4+ 19.Rxd4 f2 20.Re3!? f1=C+!!
DIAG 8b: Un bon exemple de sous-promotion !...
La seule solution: 20...f1=D?? 21.Tb1# 21.Rf4 Cd2 22.Rxg4 Re2 ½-½ Une finale Tour contre pièce mineure est habituellement une nulle ! 3o) Pièce mineure contre pion(s) Dans les parties mettant en prise une pièce mineure contre un, deux ou trois pions tout à nouveau va dépendre du contexte précis. Voici à cet égard un exemple assez particulier, mais tout à fait instructif :
DIAG 9: Trait aux Blancs ... mais les Noirs gagnent !
Jugement: Le pion a7 va mobiliser le Cavalier, qui ne parviendra pas à le prendre et va, de ce fait, se trouver durablement hors jeu. De ce fait le Roi blanc ne parviendra seul à s'opposer à la promotion de l'un des deux pions noirs de l'aile Roi. Donc, sans le moindre doute les Noirs gagnent. Par exemple : 1.Cb3 g4 2.Cc5 a5 3.Rf2 Re5 4.Cd3+ Re4 5.Cc5+ Rd5 6.Cd3 f3! 7.Re3 a4! 8.Cb4+ Rc4 9.Ca2 a3! 10.Cc1 Rc3 11.Rf2 Rc2 12.Ca2 Rb2 13.Cb4 a2 14.Cxa2 Rxa2 0-1 Cette fois, selon Deep Fritz, les Blancs sont mat en 32 coups ! *** THÉORIE CLASSIQUE DES ÉCHECS :
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