THÉORIE CLASSIQUE DES ÉCHECS

Mis à jour : Novembre 2007  

TCE V - OUVERTURE-DÉVELOPPEMENT

Le commencement d'une partie d'échecs est une phase essentielle de celle-ci. Le défi est d'essayer de prendre si possible un avantage sur l'adversaire ; mais, en vue d'obtenir un tel résultat, vous devez comprendre quelques principes de base et pouvoir les mettre en pratique.

Pour bien des raisons nous jugeons utile de commencer ce chapitre par quelques réminiscences historiques. C'est, à notre avis, la meilleure manière de comprendre l'évolution des idées.




TCE V-A - Réminiscences
historiques échiquéennes


1o) Les premiers pas de la «Stratégie Moderne» :

Comme indiqué précédemment, nous devons connaître relativement bien l'évolution des idées échiquéennes, au cours des siècles, si nous souhaitons parvenir à une bonne compréhension des concepts classiques liés à l'ouverture et au développement ; les remarques suivantes ont été formulées par Ludek Pachman dans «La Stratégie Moderne, tome 1» GRASSET-EUROPE ECHECS, 1986: «C'est entre la fin du quinzième siècle et le début du dix-septième que se situe le premier essor des échecs modernes. Surtout en Italie et en Espagne. A la fin du quinzième siècle Lucena (en Espagne) et, un peu plus tard, le portuguais Damiano (en Italie) publièrent des livres d'Echecs, qui contenaient déjà les premières règles du jeu.»
Les principaux changement concernaient la marche du Fou et de la Dame. Cette dernière, en particulier, devint, comme il en est toujours de nos jours, la pièce la plus puissante de l'échiquier ; alors que le Fou voyait son rayon d'action fortement augmenter, au point qu'il puisse traverser tout l'échiquier. Le jeu d'échecs s'en trouva dynamisé, en particulier sous l'influence des grands joueurs de l'époque. Pachman poursuit : «Le maître espagnol Ruy Lopes, qui se mesura aux principaux maîtres italiens, fut, après une première période de succès, repoussé … l'arrière plan par la renommée sans cesse croissante des Echecs italiens. En 1574 Leonardo di Calabria le battit dans un match. Cesare Polerio se mit à analyser systématiquement chaque début. Son œuvre fut poursuivie au dix-septième siècle par Salvio et Greco.»

2o) Le rôle de Gioachino Gréco :

Donnons maintenant la parole à notre ami Erich Ruch, responsable ICCF, certainement l'un des meilleurs spécialistes actuels de l'histoire européenne des échecs («Le Courrier des Echecs», 535, décembre 2003, p.500) «Gioachino Gréco est né à Celico près de Consenza en Calabre, ce qui lui valu le surnom de Calabrais, sous lequel il est peut être plus connu. Il apprit le jeu dans les manuscrits de Lopez et de Polério et il rencontra ce dernier pour la première fois à Rome, alors qu'il habitait sous la protection de riches prélats, comme le cardinal Savelli, monseigneur Corsini ... C'est dès cette époque qu'il commença à rédiger des manuscrits sous la forme de collections de parties qui le rendirent célèbre.»

«Mais il ne tarda pas à quitter Rome pour chercher fortune à l'étranger et on le retrouve en 1621 à la cours du Duc de Lorraine, à Nancy, à qui il dédia un magnifique manuscrit en date du 5 juillet 1621. Il se rendit ensuite à Paris où il rencontra les plus forts joueurs de l'époque comme le Duc de Nemours, M. Arnault le Carabin et M. Chaumont de la Salle et il y enregistra rapidement de forts gains au jeu. En 1622 il traversa la Manche, mais il fut délesté de toute sa fortune par des bandits de grands chemins sur la route de Londres. Il y rencontra (à Londres) les plus forts joueurs de l'époque et écrivit plusieurs manuscrits contenant ses propres parties mais également celles de Ruy Lopes et du manuscrit de Salvio de 1604.»

«Il retourna à Paris entre 1624 et 1626, période qui correspond à sa plus grande activité littéraire. Il se rendit ensuite à Madrid à la cour de Philippe IV, où il défit également les plus forts joueurs espagnols qui lui furent opposés. Il fut ensuite incité à accompagner un noble espagnol aux Indes Occidentales où il est décédé avant 1634, en léguant toute sa fortune aux Jésuites. Il ne retourna plus en Italie après 1621, et comme sa réputation s'est surtout forgée après cette date, ceci explique que son influence ne se soit pas étendue sur sa patrie natale.»

Gréco laissa une vingtaine de manuscrits et fut ainsi le plus prolifique de tous les joueurs, du moins jusqu'au dix-huitième siècle. De ce fait sa contribution tant à l'histoire des échecs qu'à l'évolution des idées fut tout à fait essentielle. Ainsi le Calabrais a-t-il formé une bonne partie des joueurs européens, sur près de deux siècles ... y compris, comme le remarque justement Eric Ruch, le grand Philidor.

3o) Philidor face à l'école italienne :

L'école italienne, préconisant entre autre un brillant jeu de pièces, s'imposa en Europe et régnait encore en maître incontesté au milieu du XVIIIème siècle. Ses principaux théoriciens et protagonisites furent, comme le note Pachman, del Rio, Lolli et Ponziani. Mais c'est cependant à cette époque qu'émerge l'une des plus grandes figures des échecs : le Français F.A. Danican, dit Philidor. Ce dernier s'est rapidement imposé comme un joueur exceptionnel et l'opinion la plus répandue est qu'il fut de fait le plus fort joueur de son temps. Où qu'il se soit rendu en France, en Angleterre ou en Hollande, il surclassa les joueurs qu'il rencontrait, à tel point qu'il prit l'habitude de jouer principalement des parties à handicap. Malheureusement il n'y eu pas de rencontre entre Philidor et les meilleurs joueurs italiens de son temps, contre lesquels il était farouchement opposé du point de vue des conceptions théoriques.

Philidor publia pour la première fois en 1749 son ouvrage dont le retentissement, bien que tardif, devait être considérable : «Analyse du jeu des Echecs». L'idée fondamentalement novatrice de Philidor tenait à l'importance toute particulière qu'il reconnaissait aux pions. On connaît sa phrase célèbre : «les pions sont l'âme des Echecs (The pawns are the soul of chess)». Plus précisément Philidor dit ceci : «Mon but principal est de me rendre recommandable par une nouveauté dont personne ne s'est avisé, ou peut-être a été capable ; c'est celle de bien jouer les pions. Ils sont l'âme des Echecs ; ce sont eux uniquement qui forment l'attaque et la défense et de leur bon ou mauvais arrangement dépend entièrement le gain ou la perte de la partie.»

Poursuivons avec Pachman dont l'exposé est précis et clair : «Ce fut une thèse entièrement nouvelle. Ni les contemporains de Philidor ni ses successeurs immédiats ne la saisirent. Philidor enseigna qu'il fallait traiter les pions avec précaution ; il ne fallait pas les affaiblir par l'avance isolée d'un seul pion, il était préférable d'effectuer l'avance en rangs serrés. Il attacha une telle importance à l'avance victorieuse des pions, qu'il y subordonna même le développement des pièces.»




TCE V-B - Evolution des conceptions
classiques de l'ouverture


1o) Influence durable de l'école italienne :

Il est indéniable que l'Ecole italienne marqua profondément la pratique des échecs et ceci jusqu'au cœur du XIXème siècle, donnant alors naissance à la brillante Ecole romantique, si magistralement représentée par des joueurs tels A. Anderson, P. Morphy. Les nouvelles règles disponibles, concernant en particulier, comme déjà indiqué, le déplacement de la Dame et du Fou, transforma un jeu lent en un jeu beaucoup plus rapide. Du coup au lieu de viser prioritairement le gain d'une figure, il devenait envisageable de s'attaquer au plus vite au Roi adverse.
On peut résumer succictement ainsi les

conceptions de l'Ecole italienne :

  • Début privilégié par 1.e4. La réponse 1...e5 s'impose.
  • Plan efficace de développement des pièces et d'ouverture des lignes.
  • L'occupation du centre est importante.
  • Mis à part les pions e et d, les pions jouent un rôle secondaire face aux figures. Le gambits sont à la mode.
  • Objectif d'attaque rapide sur le roque ennemi.
  • Il convient d'éliminer les défenseurs du Roi adverse. Tous les sacrifices matériels, en vue d'y parvenir, doivent être envisagés.


  • Comme le remarque très justement Pachman : «Ces attaques étaient efficaces, déjà du seul fait que les principes d'une bonne défense étaient encore ignorés. La défense reposait sur des bases très primitives : des menaces immédiates devaient être écartées, et il fallait liquider chaque pièce dont l'adversaire, dans le feu de l'action, négligeait la défense.»

    2o) Philidor, Staunton et quelques autres :

    Face ace à la brillante Ecole italienne seules quelques voix ce sont élevées. Outre Philidor, il faut citer ici le grand joueur anglais H. Staunton. On peut considérer Philidor et Staunton comme les pionniers du «jeu positionnel». Sans qu'on puisse parler d'Ecole, le point de vue de ces deux grands joueurs et de ceux, très rares, qui ont pu percevoir leur message, peut se résumer ainsi :

    Principes du jeu positionnel:

  • Les pions et de leur structure ont une importance reconnue.
  • Un plan solide doit permettre de préparer une attaque tout en assurant une bonne défense.
  • Le gain peut résulter d'un avantage minime. Par exemple le gain d'un pion.
  • La domination au centre est essentielle.
  • Les pions, comme les figures, doivent participer au combat, jusqu'à l'attaque finale.

  • Il convient de préciser que, outre Staunton, Philidor eut de brillants successeurs en particulier en France et en Angleterre. On se doit au moins de citer les Français Louis Charles Mahé de la Bourdonnais, Pierre Saint-Amant et l'Anglais Mac Donnell. Saint-Amant, né en 1800, devint très jeune un habitué du café de la Régence. Il se montra l'un des meilleurs joueurs de son temps et son heure de gloire correspondit à sa victoire sur Staunton lors du match qui eut lieu à Londres en 1843. Mais il perdit le match revanche à Paris la même année. A propos de Staunton citons cette remarque de Nicolas Giffard et Alain Biénabe («Le Guide des Echecs, Traité complet» ROBERT LAFFONT, 1993, p.358): «Si Staunton a marqué de son emprunte le milieu du XIXème siècle, cela est surtout dû à son talent de théoricien et d'analyste. Bobby Fischer l'a même qualifié de plus fort analyste de tous les temps.»

    3o) La méritoire synthèse opérée par Steinitz et Tarrasch :

    Ces préliminaires historique, très réduits en vérité, étaient indispensables pour mieux mesurer l'importance et la difficulté de la synthèse opérée par Steinitz et Tarrasch. Nous présentons maintenant leurs idées, telles qu'elles nous sont parvenues et continuent d'influencer notre pratique du jeu. Nous allons examiner cette vision symthétique en nous référant à la meilleure source dont nous disposons : Siegbert Tarrasch - «Traité pratique du jeu d'échecs» PAYOT/ECHECS, 1992, p.297 et les suivantes





    TCE V-C - Ouverture: Le
    point de vue classique


    Selon Tarrasch, il est aisé de reconnaître, dans une partie d'Échecs, trois contituants fondamentaux: «Les Forces», «L'Espace» et «Le Temps»... Ces trois éléments sont en connection et agissent les uns sur les autres.

    1o) Les trois éléments constituant le jeu d'échecs :

    Le jeu d'échecs, selon Siegbert Tarrasch, est basé sur les trois constituants suivants : «Forces», «Temps» et «Espace».

  • «Forces» : il s'agit des pièces ; pions et figures.
  • On a vu dans le chapitre précédent (TCE IV - La valeur des pièces, §A et §B) que les figures ont une valeur exprimée en nombre de pions. Ainsi : le «pion» est bien l'unité de valeur des «forces». The «pawn» is well the unit of value of «forces».

  • «Le Temps»: est mesuré en nombre de coups, ceci pour chaque camp.
  • En clair l'unité de temps correspond à disposer du trait, c'est-à-dire, comme l'exprime Tarrasch à «utiliser le droit, ou remplir le devoir de déplacer une pièce». Il y a une correspondance entre forces et temps : le temps se transforme en force et vice-versa. Ainsi Tarrasch estime que : un pion = trois temps.

  • «L'Espace»: est limité à l'échiquier et peut être estimé en nombre de cases; en dépit de cette limitation, l'espace occupé ou contrôlé par chaque camp joue un rôle très important.


  • 2o) Forces matérielles (pièces d'échecs) :

    Dans une partie chaque camp possède une matière première constituée des pièces d'échecs ; au début, 16 pièces (8 pions et 8 figures) dans chaque camp. Ce matériel a une valeur réelle parce que la seule manière dont on puisse agir (c.-à-d. exprimer sa volonté), dans une partie, c'est justement en jouant une pièce.

    Néanmoins, cette valeur est relative, non absolu. Effectivement le but d'une partie est de mettre échec et mat le roi de l'adversaire et non d'accumuler d'impressionnants gains matériels !... Aussi, il est fréquemment intéressant de sacrifier un certain matériel, afin d'obtenir d'autres avantages.
    Tarrasch insiste sur la valeur particulière de chaque pièce.

  • Le Roi:
  • est la plus précieuse des figures puisque sa capture met fin à la partie. Le «roque» a justement pour objectif de mettre le Roi à l'abris. Ce dernier ne joue pas un rôle important tant qu'il y a beaucoup de pièces sur l'échiquier. Toutefois il est un efficace d‚fenseur des pions du roque. Quoi qu'il en soit c'est selon Tarrasch un grave désavantage que de ne pas pouvoir roquer pour une raison ou pour une autre.

  • La Dame :
  • est de loin la pièce la plus puissante. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas la lancer trop rapidement à l'attaque lors du début de partie. Elle risque alors d'être attaquée par des pièces mineures, permettant ainsi au camp adverse de se développer avec gain de temps. La Dame ne doit pas se lancer dans une chasse inconsidérée aux pions et aux pièces dès la phase initiale. En particulier, toujours selon Tarrasch, la prise du pion b par la Dame se fait en général lourdement payer. Le mieux est de jouer la Dame peu de coups et de la placer sur une case où elle n'est en bute à aucune attaque directe ou indirecte. Ainsi la Dame ne doit pas se tenir sur une colonne où elle fait face à une Tour ennemie, même lorsque plusieurs figures ou pions encombrent cette colonne. Le but assigné par Tarrasch à la Dame est d'intervenir surtout en phase finale d'une attaque menée à l'aide des autres pièces.

  • La Tour :
  • celle-ci peut entrer en action dès qu'elle dispose d'une colonne ouverte. Tarrasch précise ici : (Siegbert Tarrasch : «Traité pratique du jeu d'échecs», PAYOT/ECHECS, 1992, p.299) «La Tour peut entrer en action dès qu'on lui a ouvert une colonne. Si elle peut l'occuper et s'y maintenir, c'est un grand avantage, car cela lui permet de pénétrer jusqu'à la 7ème (ou 2ème) traverse où elle menace non seulement tous les pions mais le Roi lui-même :»

    DIAG 1 : Contrôle de la colonne d
    et pénétration en 7ème rangée


           Contrôle de la colonne d et
        pénétration en 7ème rangée   


    Poursuivons avec Tarrasch. Les Tours, ne pouvant se déplacer suivant des diagonales doivent se mouvoir en zigzags suivant des itinéraires dont Tarrasch donne des exemples : (Siegbert Tarrasch : «Traité pratique du jeu d'échecs», PAYOT/ECHECS, 1992, p.299) «...pour la conduire en avant de ses propres pions et la lancer à l'assaut du roque, par exemple :»

    DIAG 2 : La Tour Roi des Blancs
    suit l'itinéraire en zigzag : Tf1-f3-h3


           La Tour Roi des Blancs suit
        l'itinéraire en zigzag : Tf1-f3-h3   


    «ou bien - déploiement très efficace, élégant et déroutant pour l'adversaire -:»

    DIAG 3 : La Tour Dame des Blancs
    suit l'itinéraire en zigzag : Ta1-a3-h3


           La Tour Dame des Blancs suit
        l'itinéraire en zigzag : Ta1-a3-h3   


    «ou encore, d'une façon très raffinée :»

    DIAG 4 : La Tour Roi des Noirs
    suit l'itinéraire en zigzag : Th8-h6-g6


           La Tour Roi des Noirs suit
        l'itinéraire en zigzag : Th8-h6-g6   


    Tarrasch continue ainsi : «Lorsqu'on effectue ces déplacements en zigzags il faut toujours se demander si la première (ou huitième) traverse reste suffisamment protégée, car s'il n'en est pas ainsi, la Tour ne peut plus, ordinairement, revenir assez vite pour la défendre.» Tarrasch évoque ici l'importance de la mise en contact des Tours et surtout de leur «doublement» sur une colonne ouverte (question sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir).

  • Le Fou :
  • est une pièce capable d'agir de loin, mais a besoin pour cela de disposer de diagonales ouvertes. Tarrasch ajoute : «Les Tours, comme les Fous, mordent sur du granit quand elles s'attaquent à un triangle de Pions, par exemple Tg1 ou Fb1 contre les Pions f7,g6,h7 :»

    DIAG 5 : Le Fou b1 et la Tour g1
    confrontés au triangle de pions f7,g6,h7


      Le Fou b1 et la Tour g1 confrontés
           au triangle de pions f7,g6,h7   


    Et Tarrasch poursuit son exposé : «Aussi la constitution d'un tel triangle contre une de ces attaques lancées sur une colonne à demi-ouverte, constitue-t-elle la meilleure des défenses.»

    «Le Fou est la pièce qui peut être le plus facilement emprisonnée, voire prise par les Pions ... Il faut se rappeler le principe fondamental et évident commandant de conserver à toutes les figures leur complète liberté de mouvement. On pèche cependant bien souvent contre ce principe. Le type d'un encagement volontaire du Fou se présente» ainsi :

    DIAG 6 : Le type d'un enfermement
    volontaire du Fou se produit ainsi :
    1.e4 e5 2.Nf3 d6?! 3.Bc4 Nf6
    4.Nc3 Be7 5.0-0 0-0 ...


        Le type d'un enfermement volon-
        taire du Fou se produit ainsi:   


    «Le Fou de l'aile Roi constitue la meilleure pièce pour attaquer. A l'ouverture il s'oriente fréquemment en c4 vers f7, point initialement le plus faible de la position ennemie parce qu'il n'est défendu que par le Roi.»

    DIAG 7 : Le Fou blanc en c4 visant
    le point faible f7 de la position noire


          Le Fou blanc en c4 visant le point
         faible f7 de la position noire   


    «Après le roque de l'adversaire il menace la case h7 à partir de d3 et sert très souvent de base à une manœuvre de mat.»

    DIAG 8 : Le Fou blanc en d3 menaçant
    le point stratégique h7 du camp des Noirs


          Le Fou blanc en d3 menaçant
        le point stratégique h7 des Noirs   


  • Le Cavalier :
  • ne peut agir à grande distance mais a localement un grand rayonnement. Suivons Tarrasch : «Le Cavalier est avant tout apte à l'offensive, aussi faut-il dans toute la mesure du possible le faire pénétrer dans le camp adverse ou l'établir du moins à ses frontières, mais pas dès le début :»

    DIAG 9 : Un Cavalier blanc soutenu
    par un pion, occupant l'avant-poste e5


            Un Cavalier blanc soutenu par un 
        pion, occupant l'avant-poste e5   


    A propos du Cavalier, dans le début de partie, Tarrasch précise encore : «En cette phase il ne doit, si possible, effectuer qu'un seul déplacement pour passer sur la troisième (ou sixième) traverse, d'où il peut déjà jeter des regards dans le camp ennemi.»

  • Le Pion :
  • Tarrasch évoque par la suite le jeu des pions, question que nous n'aborderons que dans les rubriques ultérieures de cet exposé. Un ou deux points méritent cependant d'être précisés d'autant qu'ils représentent une bonne introduction à ce qui va suivre à propos de l'importance que l'«Ecole classique» accorde au «centre». «Les Pions n'ont pas tous la même valeur. C'est au centre qu'elle est la plus grande et elle va en diminuant quand on se rapproche des colonnes latérales. Aussi quand on a le choix pour prendre, vaut-il mieux le faire avec celui qui se rapproche du centre... Au début du jeu il est nécessaire de pousser les deux Pions du centre pour dégager la sortie de la Dame et des deux Fous. Il est très dangereux de jouer le pion f en cette première phase, parce que toute l'aile du Roi s'en trouve gravement affaiblie.»




    TCE V-D - Autres considérations
    au sujet de l'«Espace» et du «Temps»


    1o) Espace: Nombre de rangées occupées par chaque camp :

    l'«Espace» est le second ingrédient du jeu d'échecs ; malgré le fait que cet espace soit réduit à l'échiquier, il représente une donnée très significative, comme il est facile de l'illustrer par de nombreux exemples concrets.

    On peut interpréter la signification de l'«espace» en employant les deux concepts d'«occupation» et de «contrôle». En position initiale, en début de partie, chaque armée (blanche et noire) occupe deux rangées et contrôle une troisième. En fait, toutes les figures, exceptés les quatre Cavaliers, ne peuvent pas alors contrôler d'autres cases que celles occupées par des pièces amies.

    DIAG 10 : En début de jeu chaque
    camp «occupe» deux rangées
    et en «contrôle» une autre


            En début de jeu chaque
        camp 'occupe' deux rangées
        et en 'contrôle' une autre   


    Tarrasch défend avec vigueur l'idée suivant laquelle un développement harmonieux ne peut être réalisé de manière satisfaisante sans gain d'espace. Mais son analyse est encore plus profonde comme nous allons le voir :

    (Siegbert Tarrasch, «Traité pratique du jeu d'échecs», PAYOT/ECHECS, 1992, p.304 â 307).

    2o) Espace et développement :

    «Dans la position initiale les pièces de chaque camp sont concentrées sur deux traverses mais en réalité chaque camp en domine quatre (tel n'est pas notre avis ! Selon nous c'est trois !), les Blancs les quatre premières et les Noirs les quatre dernières. C'est à juste titre que chaque joueur, dès le premier coup, prend en charge les quatre traverses qui lui reviennent en envoyant rapidement un Pion et bientôt des figures sur la quatrième, car plus on possède d'espace, plus on est libre dans son jeu, plus il est facile de se déployer. Inversement, c'est un désavantage pour un joueur que d'être limité à trois traverses. Bien entendu cela ne peut arriver que s'il a commis des fautes, par exemple après les coups :»

  • Avance de développement des Blancs :


  • DIAG 11 : Une avance typique de
    développement des Blancs dans l'uverture :
    1.e4 e5 2.Cf3 d6? 3.d4 exd4? 4.Dxd4


            Une avance typique de
        développement des Blancs   


    «Dans cette situation les Blancs disposent d'un espace supérieur. Ils ont occupé quatre traverses, les Noirs trois seulement, et la cinquième est libre. Dans tous les cas semblables il faut toujours essayer de maintenir l'égalité de l'espace que les Noirs ont perdu en jouant 3...exd4»

    Nous restons en compagnie de Tarrasch le meilleur interprète de la pensée classique.

    (Siegbert Tarrasch : «Traité pratique du jeu d'échecs», PAYOT/ECHECS, 1992, p.305)

    3o) Espace et rayonnement des pièces :

    «A l'intérieur de l'espace dont on dispose il faut placer ses pièces de la manière leur permettant de participer le plus efficacement aussi bien à l'attaque qu'à la défense et aussi, dans toute la mesure du possible, en des points où elles ne peuvent être menacées et qu'elles peuvent occuper en permanence.»

    4o) Time: Interactions between «Forces, Space and Time» :

    Considérons, pour commencer, l'exemple suivant d'interaction entre les «Forces», l'«Espace» et le «Temps» : br />
  • Début Ecossais : Gambit Goering :


  • 1.e4 e5
    2.Cf3 Cc6
    3.d4 exd4
    4.c3!? dxc3
    5.Cxc3 Fb4
    6.Fc4 ...

    DIAG 12 : Un example d'interaction
    entre Forces, Espace et Temps


              Un example d'interaction 
        entre Forces, Espace et Temps   





    TCE V-E - La brillante conclusion
    de Tarrasch au sujet des «Forces»,
    de l'«Espace» et du «Temps»


    Nous trouvons, personnellement, à la conclusion de Tarrasch, une surprenante modernité. «L'utilisation judicieuse de l'espace ou, autrement dit, la disposition adéquate de toutes les pièces, est la chose la plus importante dans la partie d'échecs, plus importante, à certains égards, que les forces elles-mêmes, que la supériorité numérique. On emporte bien souvent la victoire en enlevant une position décisive par quelque sacrifice matériel, c'est un triomphe de l'esprit sur la matière.»
    Les idées exprimées par Tarrasch, dans cette partie de son traité méritent peut-être plus d'attention qu'on ne leur en a accordé. Telle est en tout cas l'opinion que nous avons ; et curieusement certaines d'entre elles seront revisitées à travers la «Nouvelle Théorie des échecs» que nous développons parallèlement au présent exposé (NTE - Nouvelle Théorie des échecs).



    1o) Best use of the right of playing :

    «Il faut toujours faire le meilleur emploi de son droit de jouer. Autrement dit on ne doit perdre aucun coup. C'est ce que feraient les Noirs si, après 1.e4 Cc6 2.d4, ils répondaient par 2...Cb8, ils auraient perdu les deux coups. On ne voit rien d'aussi net dans une partie réelle mais bien des coups analogues. C'est le cas si les Noirs, au lieu de jouer deux fois leur Cavalier, avancent les Pions a6 et h6. Il n'y a pas là perte matérielle de temps puisque les deux déploiements restent marqués sur l'échiquier, ils n'ont pas été complètement perdus comme dans le cas précédent du Cavalier. Mais, dans l'esprit de cette phase de jeu, pour l'efficacité de l'ouverture, ils sont autant dire sans valeur et on peut parfaitement les qualifier de pertes de temps. Ils ne contribuent en rien, de fait, au déploiement des figures qui constitue le but de l'ouverture.»



    2o) Priorité aux pièces mineures :

    «Au cours de celle-ci (Tarrasch parle toujours de l'ouverture) chaque coup doit être consacré à ce déploiement, si possible, en poussant rapidement au moins les Pions les plus nécessaires et en deployant les figures mineures.»

    3o) La supériorité par le gain de temps :

    «Il faut bien se garder de favoriser le déploiement de l'adversaire en lui faisant cadeau d'un ou plusieurs temps. Comme pour les forces et l'espace il faut essayer de conserver l'égalité dans le temps et, quand c'est possible, s'assurer une supériorité. L'idéal est de gagner des temps ou d'obliger l'adversaire à en perdre.»

    4o) Traduction du gain de temps en espace et en force :

    «Comme on le voit le temps joue un rôle important aux échecs. Si l'on joue bien, les temps gagnés ne peuvent plus être perdus et se traduisent finalement par des gains d'espace et de force, c'est la loi de la conservation de la force sur les 64 cases ! (Temps = Force). Le joueur qui opère avec une avance de temps finit par gagner. Un seul temps est souvent décisif dans la finale, permettant à un joueur de conduire son pion à Dame alors que celui de son adversaire arrive seulement à l'avant-dernière traverse.»

    5o) Force, Espace & Temps: Conclusion finale : Nous parvenons maintenant à une brillante conclusion :

  • Les trois éléments : force, espace et temps :
  • «Ces trois éléments : force, espace, temps se trouvent donc étroitement associés à chaque coup. L'art de l'ouverture consiste simplement à rendre opérantes les figures initialement engagées, à dégager leur champ d'action par quelques déplacements de Pions peu nombreux et à les amener à des places favorables, cela le plus rapidement possible ...

  • Attaque et défense :
  • «L'idéal est d'attaquer en se déployant ou au contraire de se défendre en se déployant.»

    Belle assertion finale ... Que dire de plus en vérité ?

    ***

    THÉORIE CLASSIQUE DES ÉCHECS :

  • Suite de l'exposé :

  •   «TCE VI - LE CENTRE»


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    votre   support   moral,   exprimé    ici
    ou  sur le  forum, ce   site peut   fermer
    definitivement   sans   aucun   préavis !
    ... Humour ? Il se peut, mais il est aussi
    vrai que le Webmestre, le plus souvent
    seul face à ses ordinateurs, éprouve par
    moments, dans ses projets et réalisations,
    découragement   et  doute...  AIDEZ-MOI
    EN ECRIVANT CE QUE VOUS RESSENTEZ !


    Maintenant «Chess-Theory» reçoit
    plus de
    90, 000 visiteurs différents
    par mois, provenant d'environ
    145
    pays  différents   dans   le   monde
    (daily statistics generated by awstats)






    * «CHESS-THEORY FOUNDATION» WEB SITES *
    La  «Fondation Chess-Theory»,  actuellement
    encore non officielle, sous la  responsabilité de
    Michel  Bruneau, le   Webmestre de   «Chess-
    -Theory»,   met    à  votre  disposition  les  trois
    adresses  Web complementaires   suivantes :


    * CHESS-THEORY.COM *

    ~ CHESS-THEORY.COM ~
    C'est notre site principal, dédié à la
    Théorie des Échecs, à l'Entrainement, à
    l'Analyse et à la Pratique; mais présentant
    aussi la première version de notre "Virtual Art
    Museum". Ce Site bilingue comprend # 2 000
    pages anglaises, 2 000 pages françaises, plus
    de 10 000 images en liens, plusieurs centaines
    de diagrammes et plus de 110 parties analysées
    presentées avec le Viewer de "Chess-Theory" !...

                   ~ 'CHESS-THEORY.COM' ~
      C'est notre site principal, dédié à la
      Théorie des Échecs, à l'Entrainement, à 
      l'Analyse et à la Pratique; mais présentant 
      aussi la première version de notre 'Virtual Art 
      Museum'. Ce Site bilingue comprend # 2 000 
      pages anglaises, 2 000 pages françaises, plus  
      de 10 000 images en liens, plusieurs centaines 
      de diagrammes et plus de 110 parties analysées    
      presentées avec le Viewer de 'Chess-Theory' !...


    * VIRTUAL-ART-MUSEUM.COM *

    ~ VIRTUAL-ART-MUSEUM.COM ~
    Vous retrouverez ici, en un surprenant
    "new look design", toutes les galeries et
    images  en lien  du  Musée  d'Art Virtuel
    de "Chess-Theory" ... mais, rapidement,
    vous découvrirez aussi de nouvelles belles
    galeries   presentant   une  riche  collection
    d'étonnantes  Images en  Haute  Définition,
    de Photos Libres de Droit et bien d'autres....

             ~ 'VIRTUAL-ART-MUSEUM.COM' ~
      Vous retrouverez ici, en un surprenant 
      'new look design', toutes les galeries et 
      images en lien du Musée d'Art Virtuel  
      de 'Chess-Theory'  ... mais, rapidement,    
      vous découvrirez aussi de nouvelles belles 
      galeries presentant une riche collection 
      d'étonnantes Images en Haute Définition, 
      de Photos Libres de Droit et bien d'autres....


    * FROM-THE-WHOLE-WORLD.COM *

    ~ FROM-THE-WHOLE-WORLD.COM ~
    Ce Site Web, actuellemant en
    construction, sera consacré à
    tout sujet culturel, intellectuel
    ou moral non abordé par les autres

     ~ 'FROM-THE-WHOLE-WORLD.COM' ~
      Ce Site Web, actuellemant en 
      construction, sera consacré à
      tout sujet culturel, intellectuel 
      ou moral non abordé par les autres




    «Michel  Bruneau  le  Webmestre  de   "Chess-Theory"
    ... sans   doute   quand   il était   un   peu   plus  jeune
    et     encore   plein     d'Illusions   et   de   Rêves !  »
    Photographie et Montage par Jean-Pierre Bruneau
    Copyright © 2008 Jean-Pierre Bruneau & "Chess-Theory"
    Cependant cette image est disponible pour Échange de Liens !

         Michel Bruneau le Webmestre de 'Chess-Theory' 
         ... sans doute quand il était un peu plus jeune   
                et encore plein d'Illusions et de Rêves !


    ******** ©-«Chess-Theory.com»-2004-2008 ********


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            
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