

|
Blaise
«Pascal»
distinguait, comme l'a compris tout lecteur attentif des "Pensées",
l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse. C'est de la première de
ces deux aptitudes mentales que nous vient le besoin constant de
classer et de hiérarchiser, qui se manifeste si clairement en tout
domaine de la connaissance. On est en droit de penser que le Noble Jeu n'a aucune raison d'échapper à notre approche rationnelle, ce qui est bien le cas de mille manières. Pourtant on est surpris de constater qu'à l'époque où plus de trois millions de parties sont répertoriées dans nos banques de données, nul ne s'est aventuré à proposer une classification de ces petits joyaux de l'esprit, dont on aurait plutôt tendance, et à juste raison, à vanter l'extrême singularité, au point d'affirmer que toute partie est unique en son genre. Ainsi l'idée nous est-elle venue, dépassant le simple clivage entre parties à dominante combinatoire ou positionnelle, de vous soumettre une «classification» extrêmement simple des parties d'échecs, appelée «dynamique». Sachant que toute classification est réductrice, nous espérons qu'elle est assez pertinente pour receler une part, ne serait-ce qu'infime, de l'essentiel qui nous échappera toujours. Au cœur du jeu d'échecs réside un «secret», qui est le trésor inestimable des possibles. Chaque partie parvient peu ou prou à le révéler. Dans la position initiale il n'y a que de la matière. Puis, chemin faisant, une part de cette «matière» se transforme en «énergie», à l'instar de la théorie de la relativité généralisée du regretté
«Albert Einstein»
C'est cette dynamique interne, que révèle de manière si lumineuse le
déroulement de toute partie, pourvu qu'on y ait hissé haut les voiles
et qu'on ait pris hardiment le grand large. Ces considérations nous conduisent à proposer la «classification dynamique» des parties d'échecs ; caressant l'espoir que si nous savons ainsi un peu mieux comment nous jouons nous parviendrons peut-être - ce que nous ne disons tout de même pas ici sans une pointe d'humour qu'on nous pardonnera - à cerner également,de plus près, qui nous sommes. Dans nos propos nous ne négligeons pas naturellement le fondamental ECO : "Chess Openings Classification codes". Notre DCC : "Dynamic Chess Classification" n'est pas du tout de même nature et ne peut prétendre à une telle importance. Et, pour mettre un terme à cette introduction, nous précisons maintenant que toute catégorie de partie d'Échecs rencontrée ici sera illustrée, dans les pages suivantes, par une partie typique.
Mettant l'accent sur le stade de plus significatif d'une partie donnée - votre meilleure partie, votre dernière partie ou toute autre - vous pouvez essayer de reconnaître de quel type elle est, conformément aux critères qui vont suivre. Les parties d'échecs peuvent, en mettant l'accent sur leur phase la plus caractéristique, être classées en 7 catégories, correspondant à la manière dont se révèle l'"énergie" qu'elles recèlent. Ainsi dirons-nous, selon le cas, qu'une partie est une : 1o) Partie à Divergence Rapide (PADR:) On y atteint une phase cruciale où l'un des deux camps, suite à diverses raisons, dispose d'une forte, voire d'une très forte initiative, le conduisant à prendre l'avantage, puis à s'assurer le gain. Les parties à sacrifice ou, plus généralement, à dominante combinatoire, dans lesquelles un camp prend le dessus sur l'autre, appartiennent à cette catégorie. Ce sont, de plus, des parties à très fort «déséquilibre» interne. On peut encore ajouter (NTE IX & X - Le spectre d'une position I & II) que le camp qui domine dispose d'un «spectre dynamique», alors que le camp adverse finit par avoir un «spectre vide». Les fleurons de la période romantique furent souvent à «divergence rapide». 2o) Partie à Divergence Lente (PADL:) Au cours de la phase la plus significative, l'un des deux camps s'empare progressivement de l'initiative, essentiellement par les voies d'un jeu positionnel. Il finit par en résulter pour lui un avantage de nature matériel ou positionnel assez significatif pour entraîner le gain. Ici à nouveau le camp qui domine parvient à disposer d'un «spectre dynamique», alors que le camp adverse en arrive à avoir un «spectre vide». 3o) Partie à Divergence Amortie (PADA:) Dans une phase initiale, l'un des joueurs prend l'initiative et parvient à obtenir un net avantage soit positionnel, soit matériel. Et pourtant il s'avère que la partie débouche sur une finale nulle. Suivant le cas le «spectre» sera «large» ou «étroit» ; mais en aucun cas «dynamique» 4o) Partie Instable (PAIN:) Il s'agit d'une partie où se révèle sur l'échiquier un assez grand «déséquilibre», sans qu'il soit facile de dire quel camp a l'avantage. Dans ce genre de partie il y a souvent un jeu d'attaque très fort que compense assez nettement un puissant contre-jeu. L'«énergie» rayonne, composée de courants contraires. Une telle partie, sans que l'aspect stratégique y soit secondaire, a souvent une forte coloration combinatoire. De ce fait les deux camps ont alors fréquemment un «spectre étroit», qui peut devenir «pincé» (NTE VI - Le spectre d'une position) ; en clair il advient souvent qu'un fort coup de l'un des camps implique une réplique unique, hors de laquelle tout basculerait. Il arrive aussi qu'on assiste à une alternance de phases au cours desquelles le «spectre» s'élargit soudain, pour redevenir étroit dans une phase ultérieure. Une partie de ce type conduit assez fréquemment à la victoire d'un camp et sinon à une partie nulle toujours disputée et passionnante ; parfois même spectaculaire. Quoi qu'il en soit les parties «instables», lorsqu'elles sont de haut niveau et que l'instabilité ne tient pas à la juxtaposition d'erreurs se neutralisant l'une l'autre, comptent parmi les chefs-d'œuvre de l'art échiquéen. 5o) Partie Équilibrée (PAEQ:) Partie à dominante stratégique, ne recelant jamais un très grand déséquilibre. Ne s'y développe que peu d'«énergie». Soit les deux camps jouent un jeu assez précis pour que peu de perspectives se présentent, soit les imprécisions de l'un sont compensées par les fautes de l'autre. Généralement les deux camps disposent d'un «spectre large» et rien de très spectaculaire ne se produit. Ou alors, si action il y a, celle-ci, le plus souvent, n'aboutit à rien de très concret. Par nature ce genre de parties conduit à la nulle, sauf si in fine l'un des deux camps parvient à exploiter avantage minime. 6o) Partie Épuisée (PAEP:) C'est le cas d'une partie où d'une part n'apparaît aucun «déséquilibre» structurel (structure des pions) significatif et où d'autre part les lignes s'ouvrent conduisant à un échange important de pièces. C'est soit volontairement (pour obtenir la nulle) soit à leur corps défendant que les deux protagonistes se retrouvent de la sorte face à un jeu dénué de perspectives. Bien souvent le «spectre» de chaque camp est ici «très large», mais il y a bien d'autres situations ; ainsi toute partie débouchant sur un échec perpétuel est «épuisée» ; or dans ce cas l'on a généralement affaire, pour ce qui concerne le camp sur la défensive, à un spectre «étroit ou même «pincé». 7o) Partie Avortée (PAAV:) Il s'agit bien du type le moins intéressant de parties, où les deux joueurs cessent le combat avant même qu'il n'ait vraiment commencé. Les funestes «nulles de salon» entrent évidemment dans cette catégorie, sur laquelle il n'est pas bien utile de s'étendre.
En complément à ce petit article précisons que les critères d'appréciation, qui nous ont conduit au présent classement, tiennent à une idée générique qui est finalement celle d'"énergie". Il est bien difficile d'expliciter ce qu'est l'«énergie» aux échecs mais l'on peut s'en faire une idée. Elle tient à la tension qu'engendre les «déséquilibres" de toute nature apparaissant sur l'échiquier lors du déroulement d'une partie. Les causes peuvent être multiples et l'on peut en particulier retenir : 1) Le fait d'avoir ou non le trait. 2) La différence de niveau de développement, de coordination et d'occupation spatiale. 3) Le déséquilibre matériel (i.e. : le matériel sacrifié ou gagné). 4) Les diverses caractéristiques de la structure des pions. 5) La plus ou moins grande interpénétration entre les deux camps. 6) L'existence d'un différentiel "attaque-défense". 7) Les risques combinatoires inhérents à la position. 8) La plus ou moins grande vulnérabilité des Rois etc... Cette énergie, que l'on appelle aussi «tension» induit une grande «instabilité» de la positon. Cette instabilité se traduit enfin en termes de «spectre» ; précisément le risque du basculement du jeu au moindre faux pas implique un «spectre» (i.e. ensemble des lignes de jeu préservant pour le moins la position) «étroit», en tout cas au moins pour l'un des deux camps (Ces idées sont développées dans la rubrique «Matière et énergie» de la «Nouvelle Théorie des échecs»). Ces idées sont développées dans la rubrique «Matière et Énergy» de notre «Nouvelle Théorie des Échecs». * * * NOUVELLE THÉORIE DES ÉCHECS :***
Cher lecteur, nous avons bien conscience que le cours que vous trouverez dans les présentes pages est pour le moment très incomplet. Soyez certain que le nécessaire sera fait pour poursuivre sa mise en place au cours des mois prochains. Nous indiquons, dans le tableau suivant, le rapport d'évolution de notre «Cours Général de Théorie des Échecs»:
************
*** POUR NAVIGUER AGRÉABLEMENT SUR CE SITE :
*** POUR DÉCOUVRIR QUI NOUS SOMMES:
******** ©-«Chess-Theory.com»-2004-2008 ******** |
![]() |