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La première raison pour laquelle il est utile de comparer les pièces d'échecs et d'attribuer à chacune d'elles une valeur spécifique est d'estimer, dans une partie, après quelques échanges, si l'équilibre «matériel» est préservé ou non. Cette question est à la base du jugement que nous pouvons exprimer au sujet d'une position. Et alors, tout le problématique est que si l'on souhaite décider si une position est équilibrée ou si l'un des camps (les Blanc ou les Noirs) a l'avantage, on doit prendre en considération non pas la valeur "théorique" de chaque pièce, mais sa valeur "réelle", en fonction de la position. Voici la vraie difficulté !
Il est habituel d'attribuer à chaque pièce d'échecs une valeur estimée en nombre de pion. En d'autres termes, on considère le pion comme unité de valeur, lui attribuant la valeur 1. 1o) La valeur théorique d'une pièce d'échecs La «valeur théorique d'une pièce d'échecs» (also called: "système de valeur relative des pièce d'échecs" ou "valeur standard d'une pièce d'échecs") est donné pat le tableau suivant :
L'intérêt principal de l'"Évaluation standard des pieces d'échecs" est de permettre d'estimer la valeur matérielle des armées blanche et noire. La matérialité, naturellement, est insuffisante pour donner une vue d'ensemble précise d'une position d'échecs ; néanmoins, c'est une première étape utile en vue d'évaluer toute position donnée. 1o) Material valuation of original chess position Au début d'une partie d'échecs chaque camp possède : 8 pions, 2 Tours, 2 Fous, 2 Cavaliers, une Dame et un Roi. Si l'on ne prend pas en compte le Roi, on trouve, selon l'évaluation théorique des pièces d'échecs :
8 + 10 + 6 + 6 + 9 = 39
8 + 10 + 6 + 6 + 9 + k = 39 + k
(1) B = 39 + k ,
N = 39 + k
Dans le déroulement d'une partie d'échecs, la «valeur matérielle» de chaque camp (B pour les Blancs et N pour les Noirs) est sujette à évolution. Considérons, par exemple, la partie récente : Carlsen, Magnus (2776) - Dominguez Perez, Lenier (2717) [D81] 1-0, Corus A 2009 Wijk aan Zee NED (10) (Partie N°125 dans la Collection de Parties Analysées de Chess-Theory) :
1.d4 Nf6 2.c4 g6 3.Nc3 d5 4.Qb3
B et N sont toujours donnés par (1) (i.e. les valeurs matérielles restent inchangées). Mais après le premier échange :
4... dxc4 5.Qxc4
(2) B = 38 + k ,
N = 38 + k
5... Bg7 6.e4 0-0 7.Be2 Nfd7!? 8.Be3 Nb6 9.Qd3! f5 10.Rd1 f4 11.Bc1
e5!? 12.d5! c6! 13.Nf3 cxd5 14.Nxd5 Nxd5 15.Qb3!N
(3) B = 34 + k ,
N = 37 + k
Dans le DIAG 2 les Noirs ont un avantage matériel, avec un Cavalier de plus. Mais, le Cavalier d5 est cloué et sa valeur "Réelle" est 0 et non 3 ! En d'autres termes les Blancs ont une compensation stricte pour le Cavalier perdu et nous pouvons parler d'une "compensation" dynamique. Notez que dans le cas actuel le Cavalier d5 peut être regagné facilement par les Blancs ; c'est seulement un pseudo-sacrifice. Mais très souvent, quand un camp sacrifie une ou plusieurs figures, il obtient des compensations positionnelles intéressantes, qui méritent d'être analysées. 1o) Matériel et valeur Dynamique échiquéenne En vue de clarifier notre argumentation nous employons l'expression «valeur dynamique d'une pièce d'échecs» pour désigner la valeur de celle-ci dans une position concrète. La valeur matérielle (i.e. la valeur standard ou théorique) sera notée MV et la valeur dynamique DV ; naturellement, il sera possible d'attribuer une valeur précise à DV seulement dans certains cas particuliers. 2o) Study of a short game with trap! Nous étudions ici la miniature avec sacrifice de Dame: Bachmann - Fiechtl [C67] 1-0, Regensburg (Germany), 1887 (Partie N°011 dans la Collection de Parties Analysées de Chess-Theory) :
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bb5 Nf6 4.0-0 Nxe4 5.Re1 Nd6 6.Nxe5 Nxe5?!
7.Rxe5+ Be7 8.Nc3
Après l'échange d'un pion et d'une pièce mineure, les valeurs matérielles des deux camps B et N sont égales et données par :
(3) B = 35 + k ,
N = 35 + k
8... Nxb5 9.Nd5
(4) B = 32 + k ,
N = 35 + k
9... d6 10.Rxe7+ Kf8 11.Qf3?! f6??
Sont alors joués les coups :
12.d3!? c6?? 13.Qxf6+!! gxf6
Après le sacrifice de Dame de Bachmann les Noirs possèdent un avantage matériel significatif :
(4) B = 23 + k ,
N = 31 + k
14.Bh6+ Kg8 15.Nxf6#
Compte tenu de la pratique des maîtres d'échecs depuis des siècles, des règles expérimentales de comparaison ont été établies : Ces règles sont utiles dans un premier temps mais doivent être considérées simplement comme repères et points de départ d'une réflexion plus précise. Mais il est recommandé de les "relativiser" au maximum face à toute situation concrète. Nous vous invitons à consulter les paragraphes B & C du chapitre IV, du cours sur la Théorie classique des échecs, où la question est étudiée à l'aide de nombreux exemples.
1o) La Dame contre deux Tours Nous étudierons l'évolution de la «valeur dynamique des pièces d'échecs» dans un paragraphe complèmentaire. Mais il est utile de spécifier dès maintenant qu'au début d'une partie d'échecs, pendant pratiquement toute l'ouverture et une bonne partie du milieu de jeu, une Dame est nettement plus forte que les deux Tours de l'adversaire compte tenu de sa mobilité. Mais il est vrai qu'au cours de la finale il peut se produire que les deux Tours soient plus fortes qu'une Dame si elles sont sur la même ligne (rangée ou colonne) et se protègent mutuellement. La raison principale est que deux Tours en batterie peuvent attaquer ou défendre une pièce deux fois, et la Dame seulement une fois. Néanmoins dans la finale, avec le trait aux Blancs :
La force des deux Tours est compensée par la mobilité de la Dame et la partie est probablement nulle. 2o) La Dame contre trois pièces mineures À nouveau cette comparaison n'est pas d'un grand intérêt dans l'ouverture et il est difficile d'en parler précisément, en toute généralité dans le milieu de partie. Pendant la finale, il est habituellement admis que trois pièces mineures sont plus fortes qu'une Dame, en particulier si elles sont bien coordonnées et se protégent mutuellement. Le diagramme suivant donne un exemple :
Naturellement les Noirs ont un avantage significatif, mais la finale pourrait être difficile à conduire jusqu'à la victoire. 3o) Une Tour contre une pièces mineure et deux pions Dans la confrontation entre une Tour et une pièce mineure avec un ou deux pions supplémentaires il n'est pas facile d'énoncer qu'une règle générale et tout est fonction de la position. Un exemple clair est donné par la partie : Anand, Vishy (2799) - Aronian, Levon (2739) [C89] 0-1, Morelia/Linares XXV SuperGM MEX/ESP (2), 2008 (Partie N°109 dans la Collection de Parties Analysées de Chess-Theory).
31.fxe3 Qxf3
où les Blancs possèdent une Tour et deux pions contre un Fou pour les Noirs, ce qui représente un avantage matériel de 4 (pions), malgré lequel les Noirs gagnent facilement : Les Blancs sont mat en cinq coups ! 4o) Le Fou contre le Cavalier Il est classique de confronter Fous et Cavaliers. Ces deux types de pièces ont la même "Valeur matérielle" mais sont si différentes que toute comparaison est incertaine. Néanmoins c'est intéressant d'indiquer que J.R. Capablanca exprime dans ses écritures, à ce sujet, quelques jugements tranchés :
Before Avant une étude plus précise de la DV (valeur dynamique) d'une pièce d'échecs, nous souhaitons étudier et discuter la notion connexe de «bonne» et «mauvaise» pièces. Ce concept est classiquement utilisé concernant le Fou. Mais il peut être intéressant de l'étendre à d'autres pièces (figures et pions). 1o) Concept Classique de "Bon" et "Mauvais" Fous Un Fou est considéré comme "Bon" si les pions de son camp sont principalement placés sur des cases de la couleur où le Fou ne peut pas se rendre (i.e. sur case noires pour un Fou de cases blanches et réciproquement). Au contraire, un Fou qui est gêné par les pions de son camp est dit "Mauvais". Comme l'ossature de pions est relativement stable, cette caractéristique se perpétue assez longtemps durant une partie, habituellement du milieu de partie à la finale. Néanmoins cette notion doit relativisée pour plusieurs raisons :
2o) Nouveau concept de "Bonne" pièce d'Échecs Sans nier la légitimité du concept classique, il est bien avisé de considérer une notion plus flexible. Nous dirons qu'une pièce d'échecs est «bonne» si elle est activite et à même de participer à la lutte. Les conditions exigées sont relatives à la spécificité de chaque pièce : Une pièce d'Échecs est considérée comme "Mauvaise" dans le cas contraire. 3o) Un exemple typique de "Bonnes" & "Mauvaises" pièces Nous sommes maintenant intéressés par la partie Kluger, Gyula - Tal, Mihail [A43] 1-0, Kislovodsk, 1964 (Partie N°059 dans la Collection de Parties Analysées de Chess-Theory)
La comparaison entre figures et pions est une autre passionnant thème de réflexion. On considère habituellement qu'un Fou a une DV (valeur dynamique ) un peu supérieure à trois pions, mais J.R. Capablanca affirme qu'un Cavalier peut être inférieur à 3 pions. A nouveau nous pensons que toute règle uniforme sur un tel sujet est douteuse et que la seule approche rigoureux est de considérer une position concrète ! Aussi nous vous invitons à observer la partie : Garry Kasparov (2700) - Jan H Timman (2640) ½-½ [E13] Nimzo-Indian Hybrid, Hilversum KRO (4) 19.12.1985 ("Garry Kasparov's Greatest Chess Parties" Vol. 1 by Igor Stohl) 1.d4 Nf6 2.c4 e6 3.Nf3 b6 4.Nc3 Bb4 5.Bg5 Bb7 6.e3 h6 7.Bh4 g5 8.Bg3 Ne4 9.Qc2 Bxc3+ 10.bxc3 d6 11.Bd3 f5?! 12.d5! Nc5 13.h4 g4! 14.Nd4 Qf6 15.0-0 Nous atteignons la position :
Igor Stohl remarque qu'est hors de question : 15.dxe6? Bxg2 16.Rg1 Be4 -/+ et risqué : 15.Nxe6?! Nxe6 16.dxe6 Bxg2 17.Rg1 Bf3 =/+ 15... Nba6 16.Nxe6 Nxe6 17.Bxf5 Ng7 18.Bg6+ Kd7 19.f3 Raf8 20.fxg4 Qe7 21.e4 Dans la position actuelle les Blancs possèdent un Fou et trois pions contre deux Cavaliers pour les Noirs. La partie est tout à fait équilibrée, mais il est intéressant d'observer ce qui se produit concrètement dans son déroulement.
21... Rc8 22.Qd2 Kb8 23.Rxf8+?! Rxf8 24.Qxh6 Bc8 25.Re1?! Selon Igor Stohl est fort : 25.g5 Nc6 26.Rf1 25... Bxg4 26.c5 Qf6 27.cxd6 Bh5 28.e5
Igor Stohl considère comme une idée tranchante : 28.d7! Qxg6 29.Qxg6 Bxg6 30.Be5 +/= 28... Qxg6 29.Qxg6 Bxg6 30.e6 Nc5! 31.d7
31... Nxd7! 32.exd7 Rd8 33.Re6! Et non : 33.Re7? Nf5 34.Re6 Nxg3 -/+
Vraisemblablement l'acceptation du sacrifice de qualité mène à la nulle : 33... Nxe6!? 34.dxe6 Be8 (forcé) 35.h5 Bxd7 (le mieux) 36.Bh4! Bxe6 37.Bxd8 Bxa2 +/= 33... Bh5 34.Be5 Rxd7 35.Rh6 Bf7?! 36.Bxg7 Bxd5 37.Be5 Bxa2 +/=
Après ces echanges les deux camps ont un matériel identique. Cependant la partie est encore riche et compliquée. La nulle fut conclue au 62ème coup.
Si vous comprenez comment est construit le «Cours d'échecs en quatre niveaux», vous ne serez pas étonné par une sorte d'unité conceptuelle dans son développement, malgré l'intégration des parties principales de l'héritagedes échiquéen historique, avec pour conséquence la répétition de quelques idées. Quoi qu'il en soit, cela importe peu si vous trouvez, de temps en temps, un retour en arrière, une répétition, une digression ou une anticipation. Nous croyons que tous ses entrelacements reflètent adéquatement une pensée vivante et sont favorables à la progression du raisonnement jusqu'aux conclusions finales. La notion de DV que nous essayons de spécifier ici est probablement l'une des nombreux passerelles entre la TME et la complémentaire (expérimentale) NTE. Bien ! 1o) «Valeur Dynamique» (DV) des pièces d'Échecs La «valeur dynamique» (DV) d'une pièce d'échecs nommée P représente la valeur réelle de P, pendant le déroulement d'une partie d'échecs, dans une position donné ; en d'autres termes après un nombre donné de coups. En clair après n coups, les Blancs ayant le trait, la DV de P peut être notée : DV[P,n] et après n coups, les Blancs ayant le trait, la DV de P peut être notée : DV[P,n½]. Au début d'une partie la DV de toutes les figures excepté le Cavalier est nulle (DV = 0), parce qu'elles ne peuvent pas jouer. Au contraire, un Cavalier ou un pion possèdent une DV non nul, mais celle-ci est faible parce qu'ils ne menacent rien en un coup. Dans l'ouverture, le véritable objectif de chaque camp est d'augmenter, aussi rapidement et efficacement que possible, la DV de chaque pièce. Comme les échecs sont un champ expérimental, nous reportons une étude plus précise de cette question et examinons tout de suite l'évolution des deux Cavaliers noirs de Timman dans la partie Kasparov - Timman étudiée ci-dessus. 2o) DV des deux Cavaliers noirs de Timman Dans la partie : Garry Kasparov (2700) - Jan H Timman (2640) ½-½ [E13] Nimzo-Indian Hybrid, Hilversum KRO (4) 19.12.1985 ("Garry Kasparov's Greatest Chess Games" Vol. 1 by Igor Stohl), durant les 15 premiers coups le Cavalier b8 reste à la maison, tandis que le Cavalier g8 se montre plutôt actif :
1... Nf6, 8... Ne4, 12... Nc5 (see:
DIAG 11)
g8 - f6 - e4 - c5 - e6 - g7 (17... Ng7) *** THÉORIE MODERNE DES ÉCHECS :
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