Blaise Pascal
Selon le magnifique et riche (pour ceux qui aiment Blaise Pascal et
sont intéressés tant par sa vie que par son œuvre)
Site WEB : http://www.groups.dcs.st-and.ac.uk/
(Article by J J O'Connor and E F Robertson) from the School of Mathematics and
Statistics University of St Andrews, Scotland
Né : le 18 juin 1623 à Clermont (now Clermont-Ferrand), Auvergne, France.
Décédé : le 19 aoAugust 1662 à Paris, France.
«Blaise Pascal était le troisième enfant d'Etienne Pascal et son seul fils. La
mère de Blaise décéda alors qu'il était âgé seulement de trois ans. En 1632 la
famille Pascal, Etienne et ses quatre enfants, quitta Clermont et vint
s'établir à Paris. Le père de Blaise Pascal avait des vues inhabituelles sur
l'éducation et décida d'instruire son fils lui-même. Etienne Pascal souhaita
que Blaise n'étudiât pas les mathematiques avant l'âge de 15 ans, si bien que
tous les textes de mathematiques furent retirés de la maison. Blaise
cependant, sa curiosité accrue de ce fait, entrepris un travail de géometre
par lui-même, alors qu'il avait 12 ans. Il découvert ainsi que la somme des
angles d'un triangle vaut deux angles droit. Quand son père découvrit ceci il
autorisa Blaise à disposer d'une copie des œuvres d'Euclide.»
«A l'âge de 14 ans Blaise Pascal commença à accompagner son père aux
rencontres chez Mersenne. Mersenne appartenait à l'ordre religieux des minimes,
et sa cellule, à Paris était un lieu fréquent de rencontres ùu se rendaient
Gassendi, Roberval, Carcavi, Auzout, Mydorge Desargues et bien d'autres.
Bientôt , certainement alors qu'il avait 15 ans, Blaise vint à admirer le
travail de Desargues. Alors qu'il avait seize ans, Pascal presenta une simple
feille de papier, lors d'une rencontre chez Mersenne, en juin 1639. Elle
contenait un certain nombre de théorèmes de géométrie projective, incluant
l'hexagramme mystique de Pascal.»
«En décembre 1639 la famille Pascal quitta Paris pour vivre à Rouen où
Etienne était appointé en tant que collecteur des taxes pour la
Haute-Normandie. Peu de temps après l'installation à Rouen, Blaise acheva son
premier travail, Essai sur les Sections de Coniques publié en février
1640.»
«Pascal inventa la première calculatrice numérique pour aider son père dans
son travail de collecte des taxes. Il travailla sur ce projet trois ans durant
entre 1642 et 1645. Le dispositif, appelé la Pascaline, ressemblait à une
calculatrice méchanique des années 40. Cela fit certainement de Pascal la
seconde personne au monde à créer une calculatrice méchanique, car Schickard
en avait fabriqué une en 1624....»
«Les événements de 1646 eurent une grande importance pour le jeune Pascal. En
cette année son père se blessa à la jambe et eut à se reposer à son domicile.
Il fut soigné par deux frères appartenant à un mouvement religieux installé
tout près de Rouen. Ceci eut une profonde influence sur le jeune Pascal qui
devint dès lors profondément religieux.»
«C'est vers cette période que Pascal entama une série d'expériences sur la
pression atmosphérique. En 1647 he avait prouvé, à sa grande satisfaction que
le vide existait. Descartes rendit visite à Pascal le 23 septembre. Cette
rencontre dura deux jours et les deux hommes discutèrent du vide auquel, pour
sa part, Descartes ne croyait pas. Descartes écrivit, plutôt perfidement à
Huygens, après ce bref séjour chez Pascal...Il y a tropde vide dans sa
tête.»
«En aoôt 1648 Pascal observa que la pression atmosphérique décroissait avec la
hauteur et en déduit l'existence du vide au dessus de l'atmosphère. Descartes
écrivant à Carcavi en juin 1647, à propos des expériences de Pascal,
s'exprimait ainsi :
C'est ce que je lui suggérait de faire voici deux ans car, bien que je ne
l'ai pas réalisé moi-même je ne doutais pas de son succès...»
«En Octobre 1647 Pascal rédige Nouvelles Expériences Concernant le Vide
qui conduisit à des controverses avec plusieurs scintifiques qui, à l'instar
de Descartes, ne croyaient pas au vide.»
«Etienne Pascal mouru en septembre 1651 et par la suite Blaise écrivit à
l'une de ses sœurs donnant un sens profond de la mort en général et de celle
de son père en particulier. Ces idées allaient former la base de ses futures
réflexions telles qu'elles apparaîtront ultérieurement dans son ouvrage
philosophique Pensées.»
«A partir de mai 1653 Pascal s'attacha à des travaux de mathematique et de
physique rédigeant le Traité sur l'Equilibre des Liquides (1653) dans
lequel il explique la loi de la pression de Pascal... Il travailla sur les
sections coniques et obtint un important théorems en géométrie projective.
Dans La Génération des Sections coniques (achevé pour l'essentiel en
mars 1648 mais retravaillé en 1653 et 1654) Pascal considèere les coniques
generées par la projection centrale d'un cercle. Ceci était conçu pour former
la première partie d'un traité sur les coniques que Pascal n'acheva pas.
Ce travail est maintenant perdu, mais Leibnitz et Tschimhaus avaient pris des
notes à son sujet, si bien qu'il est aujourd'hui possible de se faire une
idée assez juste du contenu de se traité.»
«Bien que Pascal ne fut pas le premier à étudier le triangle de Pascal,
son travail sur ce sujet dans Traité du Triangle Arithmetique fut le
plus important sur ce sujet et, par l'intermédiaire de l'œuvre Wallis, les
écrits de Pascal sur les coefficients du binôme aidèrent Newton dans sa
découverte du théorème binomial géneral pour pour les fractions et les
puissances négatives.»
«En correspondance avec Fermat il jeta les bases de la théorie des
probabilités. Cette correspondance consista en cinq lettres et intervint
durant l'été 1654... »
«Cependant, en dépit de ses problèmes de santé, il travailla intensément sur
des questions scientifiques ou mathematiques jusque octobre 1654. C'est vers
cette période qu'il faillit perdre la vie dans un accident. Le cheval
tirant son attelage s'emballa and la voiture s'affaissa sur la gauche, sur un
pont au dessus de la Seine. Bien qu'il soit sain et sauf, sans aucune blessure
physique, il n'apparu pas qu'il fut sérieusement atteint psychologiquement par
cet événement. Peu de temps après il entrepris une nouvelle expérience
religieuse, le 23 novembre 1654, et il décida de dédier sa vie au
christianisme.»
«C'est après cet événement que Pascal rendit visite au monastèere janséniste
de Port-Royal des Champs située à 30 km au sud-ouest de Paris. Il commença
alors à publier anonymement des écrits portant sur des sujets religieux :
huit Lettres Provinciales, qui furent publiées à partir de 1656 puis
ultérieurement en 1657. Elles étaient rédigées pour défendre son ami Antoine
Arnauld, adversaire jesuites et defenseur du jansénisme, qui était en procès
devant la Faculté de théeologie de Paris pour ses écrits polémiques portant
sur la religion. L'ouvrage le plus fameux de Pascal, à caractère
philosophique, est Pensée, une collection de réflexions personnelles
sur la souffrance humaine et la foi en Dieu, qu'il commença à rédiger vers la
fin de l'année 1656 et poursuivit au cours des années 1657 et 1658. Ce traité
contient entre autre le fameux "pari de Pascal" qui vise à prouver que croire
en Dieu est bénéfique eu égard à l'argument suivant : Si Dieu n'existe pas,
on ne perdra rien à croire en lui, alors que s'il existe on perd tout à ne pas
croire en lui ... Nous sommes obligés de prendre un risque...»
«Son dernier travail scientifique porta sur la cycloïde, qui est la courbe
tracée par l'un quelconque des points de la circonférence d'une roue. En 1658
Pascal entrepris à nouveau l'étude de problèmes mathématiques, alors qu'il
restait éveillé la nuit, incapable de dormir à cause de ses souffrances...
Pascal mouru à l'âge de 39 ans, dans d'intenses souffrances, après le
développement d'une tumeur maligne à l'estomac un mauvais causant des
souffrances lui portant à la tête...»
WEB site : http://www.groups.dcs.st-and.ac.uk/
(Article by J J O'Connor and E F Robertson) from the School of Mathematics and
Statistics University of St Andrews, Scotland
Dans le :
Dictionary of Scientific Biography (New York 1970-1990)
on trouve le jugement suivant :
«Tout à la fois physicicien, mathématicien, éloquant publicitaire (NDT : en
fait, polémiste !) dans les Provinciales ... Pascal était embarrassé par
l'extrême abondance de ses dons. Il a été suggéré qu'il avait une tournure
d'esprit trop concrète (NDT : rigoureuse, comme on peut le comprendre à
travers la pratique de la géométrie) qui l'empêcha de découvrir le calcul
infinitesimal, et, à cet égard, dans quelques une des lettres
Provinciales les mystérieuses relations que l'homme entretient avec
Dieu sont traitées comme s'il s'agissait d'un problème de géométrie. Mais ces
considerations sont loin de compter au regard du profit qu'il puise dans la
multiplicité de ses dons ; ces écrits sont rigoureux à cause de l'exigence
scientifique de son esprit...»
(Traduction : Michel Bruneau)
Finallement donnons brièvement la parole à Blaise Pascal lui-même à travers le
passage des Pensées
«Œuvres complètes de Pascal, Pensées», p.1091 à 1093 (La Pléiade, GALIMARD,
Paris 1954) :
«L'ESPRIT DE GEOMETRIE ET L'ESPRIT DE FINESSE
21.[405] Différence entre l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse. -
En l'un, les principes sont palpables, mais éloignés de l'usage commun ; de
sorte qu'on a peine à tourner la tête de ce côté-là, manque d'habitude : mais,
pour peu qu'on l'y tourne, on voit les principes à plein ; et il faudrait
avoir tout à fait l'esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros
qu'il est presque impossible qu'ils échappent.»
«Mais, dans l'esprit de finesse, les principes sont dans l'usage commun et
devant les yeux de tout le monde. On n'a que faire de tourner la tête ni de se
faire violence ; il n'est question que d'avoir bonne vue, mais il faut l'avoir
bonne ; car les principes sont si déliés et en si grand nombre, qu'il est
presque impossible qu'il n'en échappe. Or, l'omission d'un principe mène à
l'erreur ; ainsi il faut avoir la vue bien nette pour voir tous les principes,
et ensuite l'esprit juste pour ne pas raisonner faussement sur des principes
connus.»
«Tous les géomètres seraient donc fins s'ils avaient la vue bonne, car ils ne
raisonnent pas faux sur les principes qu'ils connaissent ; et les fins
seraient géomètres s'ils pouvaient plier leur vue vers les principes
inaccoutumés de géométrie.»
Blaise Pascal